|
|
|
|
|
|
Veille sur toi-même
Table des matières
« Veille sur toi-même » (1 Ti 4.16). 3
« Sauve-toi toi-même !» (1 Ti 4.16). 4
L’orgueil anéantit la prédication de la croix. 4
2 L’humilité est exigée du serviteur de Christ. 5
3 La chaire ne doit pas être utilisée comme une tour d’ivoire. 6
1 Les mots choisis par le Saint Esprit. 7
2 Des mots faciles à comprendre. 7
LE LANGAGE UTILISÉ DOIT ÊTRE SIMPLE. 8
Donnez une explication simple. 8
LA DIFFÉRENCE ENTRE UN ÉVANGÉLISTE ET UN ENSEIGNANT. 9
LES SEPT VÉRITÉS CARDINALES DE L’ÉVANGILE. 9
1.Le besoin de l’Évangile ou la ruine causée par la chute dans le péché. 9
2.La provision de l’Évangile ou la rédemption au moyen du précieux sang de Christ. 9
3.Le commandement de l’Évangile ou la repentance envers Dieu. 10
5. Le résultat de l’Évangile ou la régénération par le Saint-Esprit. 11
6. La solennité de l’Évangile ou la responsabilité de l’auditeur. 11
QUELQUES PASSAGES DE L’ÉCRITURE POUR S’ENTRAÎNER À LA LECTURE PUBLIQUE. 12
5. Jugements et avertissements. 13
8. Argumentation et accusation. 14
9. Prophétie et gloire future. 14
LES CONDITIONS IMPOSÉES PAR LA BIBLE À LA PRIÈRE PUBLIQUE. 14
1. La prière doit être intelligente. 14
2. Elle doit être intelligible. 14
3. Elle doit édifier ceux qui écoutent. 15
III. QUELQUES CAUSES DE PRIÈRES NON ÉDIFIANTES. 15
1. La prière était exprimée trop faiblement pour être entendue. 15
2. La prière était trop longue. 15
3. La prière était trop entortillée. 15
4. En réalité, la prière était une petite prédication. 16
5. La prière contenait trop de répétitions. 16
6. La prière comportait une utilisation excessive des noms et titres divins. 16
Il faut savoir que l’Ancien Testament ne présente pas la vérité néotestamentaire. 17
Attention au piège de ne pas voir dans l’ancien testament la moindre trace de l’évangile. 17
Par contre s’il n’y aucun rapport dans le texte entre l’ancien et le nouveau. 18
Pour le peuple de Dieu soyons prudent aussi 18
Introduction
Bonsoir à tous, nous sommes réunis ce soir pour parler d’un péché surnommé mignon : Lors de notre dernier rendez-vous, je vous avais dit ce que je pensais de la mignonité (terme qui n’existe pas) il va sans dire. Un péché que l’on retrouve assez fréquemment chez le chrétien. C’est la présomption : Opinion fondée seulement sur la vraisemblance. Ou pour une personne on la dira présomptueuse : sous-entendue Qui a une idée trop avantageuse de soi-même, qui a une confiance excessive en soi. Dans notre cas, ce sera celui de l’enseignement de la parole. De plus en plus, nous voyons des chrétiens qui se mettent à prêcher sur des sujets Bibliques et en les écoutant on peut évaluer leur enseignement et s’interroger sur la motivation de ce type d’enseignement. On voit ainsi des évangélistes se comportaient et enseignaient comme des docteurs de la loi. Et des chrétiens Lambda dirent à des responsables d’assemblées comment se comporter dans l’église et ce qu’ils doivent dire. La Bible pourtant nous dit de veiller sur nous-mêmes et sur notre enseignement
« Veille sur toi-même » (1 Ti 4.16)
« Veille sur toi-même et sur ton enseignement. » Le prédicateur découvre rapidement qu’il est son propre pire ennemi et qu’il abrite un traître en lui-même. S’il n’y avait pas le frein du jugement appliqué et impitoyable que le prédicateur porte sur lui-même, il n’y aurait aucune limite au désastre moral et spirituel possible. George Muller avait l’habitude de prier : « Seigneur, garde-moi de devenir un vieillard mauvais !» Le Seigneur a adressé cette parole à ses disciples : « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation » (Mt 26.41).
Le prédicateur doit donc sans cesse veiller sur ses pensées, car elles engendrent les paroles, les actions et les habitudes. Il doit également veiller sur ses paroles de crainte de parler à la légère, comme Moïse : « 32 Ils irritèrent l’Eternel près des eaux de Meriba ; Et Moïse fut puni à cause d’eux,
33 Car ils aigrirent son esprit, Et il s’exprima légèrement des lèvres. (Ps 106.33). Il doit surveiller ses fréquentations, car « les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (1 Co 15.33). Il doit faire attention à ses actions en évitant « toute espèce de mal » (1 Th 5.22). Il doit enfin saisir toutes les occasions de témoigner de Christ et de lui gagner des âmes (Ga 6.10).
« Sauve-toi toi-même !» (1 Ti 4.16)
Cette exhortation pourrait paraître étrange, mais l’apôtre ne fait évidemment pas référence au salut éternel de l’âme. Il parle ici de ne pas connaître l’échec dans le ministère et de la perte de la récompense future devant le tribunal de Christ « 10 Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, j’ai posé le fondement comme un sage architecte, et un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus.
11 ¶ Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ.
12 Or, si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume,
13 (3-12) l’œuvre de chacun sera manifestée ; (3-13) car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun.
14 Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense.
15 Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu.
16 ¶ Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?
17 Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes.
18 ¶ Que nul ne s’abuse lui-même : si quelqu’un parmi vous pense être sage selon ce siècle, qu’il devienne fou, afin de devenir sage. » (1 Co 3.10–18).
Dans ce sens-là, le salut dépend d’une persévérance infaillible dans la saine doctrine et dans l’acquittement fidèle des responsabilités vis-à-vis des auditeurs.[1]
L’orgueil anéantit la prédication de la croix
L’air pompeux, important et sûr de soi que se donne le prédicateur porte sa propre condamnation. Il condamne d’emblée l’efficacité de son message. Aucun public n’aime voir sur la chaire ou sur l’estrade un orateur se pavaner avec un air de supériorité. Il n’aime pas non plus l’entendre parler d’un air condescendant. Cette attitude provoque le ressentiment et l’antipathie du public. Le prédicateur doit toujours se rappeler qu’il est un serviteur de Celui qui « s’est dépouillé lui-même […] il s’est humilié lui-même » et qui a déclaré : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Ph 2.7,8; Lu 22.27).
« L’arrogance précède la ruine, et l’orgueil précède la chute » (Pr 16.18). On raconte l’histoire d’un jeune prédicateur très sûr de lui-même et autosuffisant qui monta en chaire avec le sentiment démesuré de son importance et l’assurance de pouvoir impressionner le public par son savoir et son éloquence. Sa prédication fut cependant un lamentable échec, si bien qu’il redescendit de la chaire, mortifié et conscient qu’il s’était ridiculisé et avait gâché sa prédication si bien préparée. Un frère âgé remarqua son dépit et lui dit : « Si vous étiez monté en chaire dans l’état d’esprit dans lequel vous vous trouviez en descendant, vous en seriez redescendu dans l’état d’esprit que vous aviez en montant. »
Voici une autre histoire concernant un prédicateur du nom de Samuel Smith. Après avoir délivré sa prédication, il demanda à un ami ce qu’il pensait de sa prestation. Celui-ci lui répondit : « Au lieu de prêcher Christ et Christ crucifié, tu as prêché Samuel Smith et Samuel Smith glorifié !» D’un autre prédicateur, on a dit : « Si nous avions pu l’acheter au prix que nous avions estimé et le revendre au prix auquel il s’estimait lui-même, la transaction nous aurait rapporté gros !»
Un jeune homme, appelé à exercer le ministère pastoral dans une petite église de campagne, décida de délivrer des prédications d’une excellence inconnue jusque-là dans cette assemblée. Avec ce but en tête, il prépara sa première prédication avec un soin méticuleux. En la délivrant, il se dit que la prédication de Paul sur l’Aréopage était bien pâle à côté de la sienne. Après la prédication, les commentaires élogieux de l’auditoire ne firent que confirmer ce qu’il savait déjà : il avait été fantastique ! La dernière paroissienne à le saluer était une vieille dame qui, en serrant la main du pasteur dans les siennes, murmura : « Quelqu’un ne vous a-t-il jamais dit combien vous êtres extraordinaire ?» Sa réponse « Non » était dépourvue de toute trace de conviction. « Dans ce cas, reprit la dame âgée, comment cette idée vous est-elle venue ?»[2]
2 L’humilité est exigée du serviteur de Christ
Le grand principe biblique s’applique ici : « Quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé » (Lu 18.14). Dans le domaine des réalités divines, pour s’élever, il faut s’abaisser ! Nous devons d’abord nous humilier sous la main de Dieu ; ensuite, cette main divine se place en dessous de nous et nous élève (1 Pi 5.5,6).
Paul certifie qu’il servait « le Seigneur en toute humilité » (Ac 20.19). « Comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés », les croyants sont exhortés à se revêtir «de sentiments de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience » (Col 3.12). Dieu promet de conduire ceux qui sont « humbles » (Ps 25.9).
Le prédicateur devrait ressembler à ce commissaire-priseur qui, lorsqu’il proposait un tableau à la vente, plaçait le chef-d’œuvre devant lui, face au public, et vantait sa beauté. Il se tenait ainsi derrière le tableau, caché à la vue du public. Celui-ci oubliait le commissaire-priseur et concentrait toute son attention sur le tableau qu’il décrivait, au point que tout le monde voulait l’acquérir ! Puissions-nous de la même façon d’écrire et présenter Christ à nos auditeurs pour qu’ils puissent désirer en savoir davantage sur lui et nous oublier complètement ! Le vieil adage : « Il faut voir les enfants et non les[3] entendre.
3 La chaire ne doit pas être utilisée comme une tour d’ivoire
Inutile de dire que le prédicateur ne doit pas se servir de la chaire comme d’une position privilégiée d’où il peut lancer ses flèches contre un auditeur auquel il n’aurait pas le courage de parler en face. Il ne doit pas se servir de la chaire pour régler ses comptes avec les auditeurs. Autrement dit, aucun prédicateur ne devrait profiter de sa position pour dire « leurs quatre vérités » à ceux qui sont en désaccord avec lui; au contraire, il doit s’efforcer de dissiper les fausses idées de ses auditeurs par une présentation paisible de la vérité.[4]
4 Se garder de nommer et de critiquer certaines dénominations devant un public inconnu et pouvant contenir de leurs membres
S’attaquer sans cesse à telle secte ne fait qu’attiser le ressentiment de l’auditeur qui en est membre ou sympathisant. À partir de ce moment, les oreilles de cette personne se ferment et elle cesse d’écouter ce prédicateur. On n’a rien à gagner par cette tactique, mais tout à perdre. L’Évangile est un message positif ; c’est pourquoi prêchez Christ et la voie du salut divin ; l’Esprit de Dieu s’en servira pour révéler la vérité. C’est la Parole de Dieu qui taille et met en lumière. N’est-elle pas présentée comme « une épée à double tranchant » ? Maniée avec sagesse et puissance, elle fera connaître la vérité et dénoncera l’erreur. Il sera difficile à l’auditeur de résister à l’union de la courtoisie et de la fidélité. Paul énonce le principe suivant : « Nous ne voulons scandaliser personne en quoi que ce soit, afin que le ministère ne soit pas un objet de blâme » (2 Co 6.3).[5]
LE LANGAGE
L’orateur doit accorder une attention particulièrement à son langage. Comme le prédicateur communique l’Évangile ou le message d’enseignement par des mots à son auditoire, il faut absolument que ces mots transmettent le message avec clarté et force. Parlant du mandat que Dieu lui avait confié « d’annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ », Paul ajoute : «et de mettre en lumière le moyen de faire connaître le mystère caché de toute éternité » (Ep. 3.8,9). « Mettre en lumière », tel devrait être le but de toute prédication. Après sa prédication, il serait bon que le prédicateur s’interroge : « Qu’ai-je mis en lumière pour l’auditoire ?» L’illumination est essentielle à l’édification.
1 Les mots choisis par le Saint Esprit
La Bible se compose de mots choisis par le Saint-Esprit. Nous sommes clairement informés qu’elle n’a pas été écrite en « discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit » (1 Co 2.13). Les Écritures ont beaucoup à dire concernant la valeur des mots justes. Elle compare « une parole dite à propos » à « des pommes d’or sur des ciselures d’argent » (Pr 25.11), une fort belle image ! Job se plaint des « paroles vaines » de ses prétendus « amis » et s’exclame : « Que les paroles vraies sont persuasives !» (Job 6.25.) Le prédicateur avisé est décrit comme ayant cherché « des paroles agréables […] des paroles de vérité » pour communiquer son message » (Ec 12.12).
2 Des mots faciles à comprendre
Paul incite ceux qui dispensent la Parole de Dieu à le faire par des mots faciles à comprendre (voir 1 Co 14.9–19). Dans la surabondance des mots peut se nicher la stupidité (voir Pr 10.19). La Bible mentionne également des paroles troublantes, inutiles, dont on pourrait facilement se passer, vaines, douces et flatteuses qui séduisent, sont onctueuses et sans intelligence (voir Ac 15.24; 2 Ti 2.14; Mt 12.36; Ro 16.18; Ps 55.22; Job 35.16).
3 Choisir les bons mots
Sachant que « c’est poussé par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 Pi 1.21), en utilisant des mots choisis par Dieu lui-même, combien il importe que le prédicateur soit à l’unisson de Dieu par les mots qu’il utilise pour présenter le message que le Seigneur lui a confié ! Que de fois un message a été raillé parce que le prédicateur avait choisi des mots insignifiants, faux grammaticalement et mal prononcés ! Même s’il faut toujours se rappeler que l’Évangile est décrit comme «la folie de la prédication », il ne faut pas que le prédicateur le transforme en prédication insensée (1 Co 1.21). Un écolier décrivit un jour un premier ministre comme « le meilleur prédicateur » ! Puissions-nous tous devenir des « premiers ministres » dans ce sens-là !
Le langage est l’incarnation de la pensée ou des pensées vêtues de mots. Ces pensées peuvent sortir des lèvres du prédicateur bien vêtues ou en guenilles ! Tout dépend du prédicateur lui-même. Plus il se consacre à l’étude des mots et à leur choix judicieux dans leur utilisation, plus son message aura de l’impact, humainement parlant. Les mots constituent donc la marque de fabrication du prédicateur. Il doit apprendre à apprécier la fabuleuse valeur de ces mots et s’en servir pour le plus grand bénéfice de son Maître. Le quart d’heure quotidien consacré à l’étude des mots est un investissement inestimable de ce bien précieux qu’on appelle le temps.
On estime que le vocabulaire d’un enfant de cinq ans comporte 3 000 mots ; à dix ans, il en connaît 5 000. À quatorze ans, il est familiarisé avec 10 000 mots ; à la fin de ses études secondaires, ce nombre est passé à 15 000. Un universitaire diplômé connaît entre 20 000 et 30 000 mots. S’il poursuit des études de médecine, il aura besoin d’en connaître quelques milliers en plus. Les mots prennent donc une part importante dans la vie d’une personne.[6]
LE LANGAGE UTILISÉ DOIT ÊTRE SIMPLE
Donnez une explication simple
La règle divine s’impose : « Si par la langue vous ne donnez pas une parole distincte, comment saura-t-on ce que vous dites ? Car vous parlerez en l’air » (1 Co 14.9). C’est particulièrement vrai quand on s’adresse à des enfants. Ils ont un vocabulaire limité et ne comprennent pas bon nombre de mots et d’expressions que les adultes utilisent couramment. Il serait d’ailleurs utile que tous les prédicateurs s’adressent aussi souvent que possible à des enfants. Cet exercice les aidera à développer leur capacité à s’exprimer clairement et simplement. Un garçon demanda un jour à son père : « Qu’est-ce qui fait tomber les feuilles des arbres ?» Voici la réponse du père : « Il s’agit d’un phénomène de la nature qui ne touche que les arbres à feuilles caduques, pour les protéger des températures froides. La feuille est fixée à la nodosité de l’arbre ; le nœud cesse de transmettre la sève à la feuille et celle-ci se dessèche et meurt. Ai-je répondu à ta question ?» Le garçon répondit : « Sans doute, mais je ne sais toujours pas ce qui fait tomber les feuilles de l’arbre !»[7]
LA DIFFÉRENCE ENTRE UN ÉVANGÉLISTE ET UN ENSEIGNANT
Ces dons sont assez distincts. En gros, la distinction entre l’évangéliste et l’enseignant réside dans le fait que le premier proclame le message et que le second l’explique. Plus d’un bon évangéliste a fait fausse route en croyant que ses nombreuses années d’expérience dans l’évangélisation l’avaient qualifié pour un ministère d’enseignement, alors que l’enseignement exige un don différent de celui de l’évangélisation. Il arrive certes que ces deux dons se retrouvent chez la même personne, comme chez Paul, mais le plus souvent, ils sont distincts.
LES SEPT VÉRITÉS CARDINALES DE L’ÉVANGILE
Quel doit donc être le thème du prédicateur de l’Évangile ? À chaque message qu’il délivre, il devrait exposer au moins sept vérités cardinales de l’Évangile. Un bon exercice consiste pour le prédicateur à vérifier si le message qu’il va délivrer contient ces sept vérités exprimées d’une manière ou d’une autre.
1.Le besoin de l’Évangile ou la ruine causée par la chute dans le péché
C’est tout sauf populaire, mais il est essentiel de le proclamer si on veut que le pécheur en prenne conscience. On entend trop peu parler aujourd’hui du haut de nos chaires de la totale dépravation de l’être humain. On entend par cette doctrine l’incapacité totale de saisir la vérité divine sans une révélation de Dieu lui-même.
Il faut annoncer, on ne peut plus clairement, le besoin de l’homme qui est un pécheur ruiné, perdu, coupable, sans force, sans espoir et méritant l’enfer (voir Ro 3.10–23). Il faut tenir devant lui le miroir de la Parole de Dieu afin qu’il se découvre tel qu’il est :
(1) pécheur par nature et par pratique (Ro 5.12; Ps 51.7; Ép 2.1–3).
(2) aliéné de Dieu (Ép 4.18; Col 1.21).
(3) ennemi de Dieu (Ro 5.10).
(4) incapable de plaire à Dieu (Ro 8.5–8).
(5) égaré et perdu dans son péché (És 53.6; 2 Co 4.3,4; Lu 19.10).
(6) coupable devant Dieu (Ro 3.19).
(7) incapable de se sauver lui-même (Ro 5.6; Ga 2.16; Ép 2.8,9).
(8) ne méritant que la mort éternelle (Ép 2.3; Ro 6.23; Ap 20.11–15).
Il faut faire comprendre à l’homme naturel qu’il n’a pas besoin de pécher pour devenir un pécheur, mais qu’il pèche parce qu’il est pécheur de naissance. À cause de sa désobéissance, Adam a acquis une nature pécheresse qu’il a transmise à tous ses descendants. La différence entre le péché et les péchés est la même que celle entre la source d’une rivière et son cours, ou entre la racine d’un arbre et son fruit ; l’un découle de l’autre.
2.La provision de l’Évangile ou la rédemption au moyen du précieux sang de Christ
Une fois qu’il a clairement exposé le besoin du pécheur, le prédicateur insistera beaucoup sur l’œuvre rédemptrice du Fils de Dieu. Spurgeon disait que, dans chaque prédication, il trouvait un bref raccourci jusqu’au Calvaire. Au cours de la Première Guerre mondiale, alors que des milliers de soldats prenaient le train en direction du front, leurs amis et parents leur criaient sur le quai, à propos des ennemis : « Faites-leur connaître l’enfer !» Au même instant, un père faisait ses adieux à son fils unique qui retournait sur sa station missionnaire perdue au loin. Au moment où le train démarrait, il lui cria : « Mon garçon, fais-leur connaître Christ !» Insistons sur Christ et son précieux sang, et présentons son œuvre rédemptrice de telle façon que les âmes soient conduites à se reposer sur l’œuvre accomplie et à se confier en lui, accepté comme leur Sauveur et Seigneur personnel. Pour cela, il faut prêcher :
(1) la divinité essentielle et éternelle de sa Personne (Jn 1.1–3 ; Hé 1.1–3 ; Col 1.16,17).
(2) le mystère et le miracle de son incarnation (1 Ti 3.16; Lu 1.35).
(3) la grâce et le but de sa venue (2 Co 8.9; Mc 10.45; Mt 9.13; Lu 19.10).
(4) la vertu et la valeur de son sacrifice substitutif (1 Co 15.1–3). Insistez sur le précieux sang et expliquez sa signification (Lé 17.11).
(5) les dispositions complètes et finales de son salut (Hé 9.24–28 ; 10.12; Jn 19.30). L’œuvre qui sauve a été entièrement accomplie. L’Évangile ne nous présente pas une œuvre à faire, mais une parole à croire concernant une œuvre déjà faite.
(6) la signification de sa résurrection et de sa glorification victorieuses (Ac 17.31; Ro 1.4).
(7) l’efficacité de son ministère céleste présent (Hé 7.25).
(8) sa seconde venue et ses effets sur le croyant et sur l’incroyant (1 Th 4.13–18 ; Ap 20.10–15).
3.Le commandement de l’Évangile ou la repentance envers Dieu
Ne soyons pas pris en défaut à ce sujet.
(1) Christ a insisté sur ce point (Lu 13.3).
(2) Dieu l’ordonne (Ac 17.30).
(3) Paul l’a enseigné en public comme en privé (Ac 20.21).
La repentance est un changement de pensée, produit par le Saint-Esprit, chez le pécheur ; il se traduit par un changement d’attitude à l’égard des réalités spirituelles et aboutit à un changement d’action à l’égard de Christ, en réponse au message de l’Évangile.
4. La condition fixée par l’Évangile ou l’acceptation de Christ comme Sauveur et sa confession comme Seigneur de la vie
Tel est le but de l’annonce de l’Évangile. Le prédicateur devrait tellement s’efforcer de proclamer, de prouver, de décrire et de persuader que le pécheur repentant soit amené à croire la bonne nouvelle, accepter Christ comme son Sauveur personnel et le confesser comme le Seigneur de sa vie (Ro 10.9,10).
Il faut presser le pécheur à :
(1) venir à Christ (Mt 11.28; Jn 10.9).
(2) croire en lui (Ac 16.31; Jn 3.16).
(3) l’entendre (Jn 5.24).
(4) le recevoir (Jn 1.12; Ap 22.17).
(5) lui obéir (Ro 1.5; Mt 7.24–27).
(6) se tourner vers lui (És 45.22).
(7) lui faire confiance (Ép 1.13), c’est-à-dire s’abandonner à lui (2 Ti 1.12).
Ne négligeons pas d’insister sur la seigneurie de Christ et de montrer clairement au pécheur repentant tout ce qu’implique la confession de sa foi en Christ. Croire en Christ, c’est lui appartenir totalement, corps, âme et esprit ; l’être humain le démontre par sa façon de se comporter lorsqu’il devient chrétien (1 Co 6.19,20).
5. Le résultat de l’Évangile ou la régénération par le Saint-Esprit
Christ souligne le besoin de vie spirituelle par ces mots : « Il faut que vous naissiez de nouveau (d’en haut). » La présence du Saint-Esprit dans le croyant et la communication d’une nouvelle nature au croyant satisfait ce besoin (Ép 1.13).
(1) L’établissement de sa demeure dans le croyant (1 Co 6.19,20).
(2) Sa communication d’une nature divine au croyant (Ro 8.15; 2 Pi 1.3,4). De même que des parents terrestres communiquent à leur rejeton sa nature physique à la naissance, Dieu communique une nature spirituelle à ses enfants à leur nouvelle naissance.
(3) Sa façon de guider le croyant (Ro 8.14; Jn 16.13). Le Saint-Esprit dirige par la Parole de Dieu qu’il a inspirée et il ne conduit jamais le croyant à faire quelque chose de contraire à elle.
(4) Son fruit chez le chrétien (Ga 5.22–26). S’il peut demeurer dans le croyant sans être attristé, il produira en lui, visible pour autrui, un fruit aux neuf facettes, tournées vers Dieu, vers le prochain et vers lui-même.
(5) Son revêtement de puissance pour le service (Ac 1.8; Ép 1.19,20 ; 3.16–21 ; Za 4.6). « Cette grande puissance [sera] attribuée à Dieu, et non pas à nous » (2 Co 4.7). La présence intérieure du Saint-Esprit omnipotent fournit toute puissance nécessaire à n’importe quelle tâche dans le service chrétien.
6. La solennité de l’Évangile ou la responsabilité de l’auditeur
Il faut le faire comprendre et souligner clairement la responsabilité de chaque auditeur.
(1) Dieu veut le salut des pécheurs (Éz 33.11; 1 Ti 2.4,5 ; Ro 2.4).
(2) Dieu a pourvu au besoin de salut du pécheur (Jn 3.16; Ép 2.4–7). Dieu a tout fait pour rendre le salut accessible à tous.
(3) Par ses serviteurs, Dieu annonce ce salut aux pécheurs (Mc 16.15; Hé 1.1).
(4) Dieu tiendra chaque auditeur de la Parole responsable de sa réaction à l’Évangile (Jn 12.47,48). Il vaut mieux n’avoir jamais entendu l’Évangile que de l’avoir entendu et de refuser le salut qu’il offre. Notez les paroles du Sauveur : « Mieux vaudrait pour cet homme qu’il ne soit pas né » (Mc 14.21).
7. La sanction frappant le rejet de l’Évangile ou le châtiment éternel pour celui qui rejette Christ
En abordant ce sujet, il faut toutefois prendre bien soin de ne pas attribuer à Dieu des sentiments de vengeance. C’est avec des larmes dans le cœur que le prédicateur doit proclamer cette réalité solennelle. Il doit souligner les aspects suivants :
(1) la rétribution est un fait. Elle est réelle et non un simple vestige mythologique destiné à effrayer les gens. Le Seigneur Jésus-Christ a abondamment parlé de ce sujet (voir Mt 11.19–24 ; 12.36,37,41,42 ; Lu 16.19–31 ; Mc 9.43–48 ; Mt 25.41; Jn 3.36; Mc 16.16).
(2) le châtiment est éternel. Le même adjectif sert à qualifier la durée du châtiment des réprouvés et celle du bonheur des sauvés. Le mot « éternel » est sinistre quand il décrit le châtiment et la colère divine.
(3) le châtiment est mérité. Le rejet, le mépris ou la négligence de façon délibérée du Fils de Dieu, ainsi que du salut qu’il a acquis à un prix aussi exorbitant méritent et aboutissent au bannissement éternel loin de la présence de Dieu (voir Ap 6.15–17). « Ceux-ci iront au châtiment éternel » (Mt 25.46). Un incroyant s’écria un jour : « Si seulement l’enfer était un refuge capable de me cacher à ton regard courroucé !»[8]
QUELQUES PASSAGES DE L’ÉCRITURE POUR S’ENTRAÎNER À LA LECTURE PUBLIQUE
Les passages suivants se révèlent utiles comme exercices pratiques ; il faut donc les lire à haute et intelligible voix.
1. Récits descriptifs
La création (Ge 1.1–31); La chute (Ge 3.1–24); Le déluge (Ge 7.11–24); La tour de Babel (Ge 11.1–9); La vocation d’Abraham (Ge 12.1–8); La destruction de Sodome (Ge 19.1–26); Le sacrifice d’Isaac (Ge 22.1–19); Ésaü et Jacob (Ge 27.1–40); La vision de Jacob (Ge 28.1–22); Joseph se fait connaître à ses frères (Ge 44.18–45.15); La naissance de Moïse (Ex 1.22–2.10); La vocation de Moïse (Ex 3.1–22); La Pâque (Ex 12.1–14,29–36); La traversée de la mer Rouge (Ex 14.5–31); Le don de la Loi (Ex 19.1–25); Les tables de la Loi brisées (Ex 32.1–28); La mission de Balaam (No 22.1–35); La mission de Josué (Jos 1.1–9); Le péché d’Acan (Jos 7.1,16–26); La victoire de Gédéon (Jg 7.1–22); La mort de Samson (Jg 16.4–31); La confession de Ruth (Ru 1.1–22); La vocation de Samuel (1 S 3.1–21); La désobéissance de Saül (1 S 15.9–31); L’onction de David (1 S 16.1–13); David et Goliath (1 S 17.20–52); David et l’arche (2 S 6.12–23); La parabole de Nathan (2 S 12.1–14); La visite de la reine de Séba (1 R 10.1–10); La nourriture d’Élie (1 R 17.1–24); Élie au mont Carmel (1 R 18.17–40); La plainte d’Élie (1 R 18.1–18); La translation d’Élie (2 R 2.1–14); Naaman (2 R 5.1–27); Le triomphe de Mardochée (Est 6.1–14); La condamnation d’Haman (Est 7.1–10); L’épreuve de Job (Job 1.1–22; 2.1–13); Le triomphe de Job (Job 42.1–12); La vision d’Ézéchiel (Éz 37.1–14); L’engagement de Daniel (Da 1.8–21); La fournaise ardente (Da 3.1–30); L’écriture sur le mur (Da 5.1–31); La fosse aux lions (Da 6.1–28); Jonas et le poisson (Jon 1.1–2.1); La repentance des Ninivites (Jon 3–4); La naissance de Christ (Lu 2.7–18); Le baptême de Christ (Mt 3.1–17); La confession de Pierre (Mt 16.13–26); La guérison de l’aveugle-né (Jn 9.1–41); Jésus et la Samaritaine (Jn 4.1–42); Le démoniaque guéri (Mc 4.35–5.20); Nicodème (Jn 3.1–16); Le bon Samaritain (Lu 10.25–37); Le fils prodigue (Lu 15.11–31); Le riche insensé (Lu 12.13–21); Le riche et Lazare (Lu 16.19–31); Zachée (Lu 19.1–10); La résurrection de Lazare (Jn 11.1–45); La Cène (Lu 22.1–23); Gethsémané (Lu 22.39–46); Golgotha (Jn 19.1–30); La résurrection (Jn 20.1–18); Le mandat de Pierre (Jn 21.1–25); Les disciples d’Emmaüs (Lu 24.13–35); L’ascension (Ac 1.1–12); La Pentecôte (Ac 2.1–47); La conversion de Saul (Ac 9.1–22); Le geôlier de Philippes (Ac 16.16–40).
2. Discours
D’Élihu (Job 33.1–33) ; de Christ (Mt 5.1–16 ; 11.25–30 ; Jn 14.1–31 ; 10.1–18) ; d’Ésaïe (És 55.1–13 ; 61.1–11) ; de Josué (Jos 23.3–16) ; d’Osée (Os 14.1–9) ; de Moïse (De 32.1–43 ; 30.11–20) ; de Pierre (Ac 2.14–40) ; d’Étienne (Ac 7.1–60) ; de Paul (Ac 17.16–34 ; 13.16–41 ; 26.1–32).
3. La majesté de Dieu
(És 40.1–31 ; Pr 8.1–36 ; Job 28.1–28 ; Ps 19.2–15 ; 8.2–10 ; De 4.1–10).
4. Réprimandes
(Jé 13.15–24 ; Ga 3.1–29 ; Mt 23.13–39 ; 11.20–24).
5. Jugements et avertissements
(Mt 25.31–46 ; Ap 20.10–15 ; Éz 33.1–16).
6. Prières
(Jn 17.1–26 ; Ép 1.15–23 ; Esd 9.5–15 ; 1 R 8.12–61 ; Da 9.1–19 ; Ps 51.3–21).
7. Cantiques et louanges
(Ps 15 ; 23 ; 24 ; 32 ; 46 ; 84 ; 90 ; 91 ; 103 ; 116 ; 139 ; 150).
De Moïse (Ex 15.1–20); De 32.1–43); d’Anne (1 S 2.1–10); de Débora (Jg 5.1–31); d’Habaquq (Ha 3.17–19); Cantique funèbre de David (2 S 1.17–27).
8. Argumentation et accusation
(Ro 2.1–19 ; 3.1–31 ; 8.28–39 ; És 44.9–20).
9. Prophétie et gloire future
(És 11.1–16 ; Ap 22.1–21 ; 1.4–20 ; 2 Co 5.1–21).
10. Passages célèbres
Amour (1 Co 13); foi (Hé 11.1–40); liberté chrétienne (1 Co 8.1–13; Ga 1.4–26); foi et œuvres (Ja 2.14–26); La seconde venue (1 Th 4.13–18; 1 Co 15.49–58); la divinité de Christ (Hé 1.1–12; Ph 2.5–11); adoration (De 26.1–11).[9]
LES CONDITIONS IMPOSÉES PAR LA BIBLE À LA PRIÈRE PUBLIQUE
Nous ne sommes pas livrés à nous-mêmes à ce sujet, car la Parole de Dieu aborde le sujet de la prière publique. Dans 1 Corinthiens 14 où l’apôtre discute la gestion des dons du Chef ressuscité, il introduit la question de la louange et de la prière publiques dans le déroulement du culte.
Notons soigneusement ce qu’il dit sur ce sujet important. « Car si je prie [publiquement] en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence demeure stérile. Que faire donc ? Je prierai par l’esprit, mais je prierai aussi avec l’intelligence ; je chanterai par l’esprit, mais je chanterai aussi avec l’intelligence. Autrement, si tu rends grâces par l’esprit, comment celui qui est dans les rangs des simples auditeurs répondra-t-il Amen ! à ton action de grâces, puisqu’il ne sait pas ce que tu dis ? Tu rends, il est vrai, d’excellentes actions de grâces, mais l’autre n’est pas édifié » (1 Co 14.14–17). À partir de ce passage, nous remarquons que pour être conforme à l’Écriture, la prière publique doit satisfaire au moins trois conditions.
1. La prière doit être intelligente
« Je prierai aussi avec l’intelligence » (v. 15). Cela signifie que la personne qui prie dans l’auditoire doit comprendre ce qu’il dit. Si lui-même ne sait pas ce qu’il dit, comment peut-il s’attendre à ce que les autres comprennent ?
2. Elle doit être intelligible
La personne présente, qui est sans instruction, doit n’avoir aucun doute quant à ce qui a été dit ; elle doit en effet pouvoir dire « Amen » à l’action de grâces. Il va sans dire que celui qui prie doit prononcer distinctement et utiliser des mots faciles à comprendre.
3. Elle doit édifier ceux qui écoutent
La prière doit édifier le peuple de Dieu. Les chrétiens présents doivent avoir le sentiment que l’orateur a exprimé leur prière, qu’il a indiqué de façon audible les désirs de leurs cœurs. Une telle prière peut spirituellement élever l’assemblée, car elle l’introduit dans la présence de Dieu ; les chrétiens le ressentent d’une manière très réelle.
Ainsi donc, outre le fait qu’elle doit être pleine de révérence et clairement prononcée, toute prière publique doit être soumise aux tests suivants : Était-elle intelligente ? A-t-elle été comprise de tous ? A-t-elle édifié l’assemblée des saints ?
III. QUELQUES CAUSES DE PRIÈRES NON ÉDIFIANTES
1. La prière était exprimée trop faiblement pour être entendue
Lorsqu’on demande à une personne de conduire l’assemblée dans la prière, elle devra se lever, se tourner face à la majorité de l’auditoire et parler clairement pour que tous puissent l’entendre. Si elle ne le fait pas, elle fait perdre leur temps aux personnes présentes. Celles-ci perçoivent un murmure confus, qui les empêche de prier elles-mêmes, tout en les privant d’entendre un mot de ce qui est dit.
2. La prière était trop longue
Il arrive que la personne qui prie ne s’arrête plus. Elle englobe dans sa prière tous les sujets de la terre et du ciel. L’auditoire finit par se lasser et n’écoute plus. L’Amen à la fin de la prière est plutôt un soupir de soulagement qu’un désir d’exaucement. En général, ceux qui formulent de longues prières en public ne le font pas en privé. Si seulement cet ordre des choses pouvait s’inverser !
La plus longue prière rapportée dans la Bible est celle de Salomon lors de la dédicace du temple. Sa lecture avec révérence prend environ sept minutes. On rapporte que D. L. Moody fit un jour cesser une prière interminable en disant : « Pendant que notre frère continue et termine sa prière, chantons le cantique numéro… »
On raconte l’histoire de ce frère connu pour la longueur de ses prières. Il priait déjà depuis un quart d’heure quand un étranger présent dans l’auditoire demanda à son voisin : « A-t-il bientôt terminé ?» L’autre répondit : « Non, il n’a pas encore prié pour les Juifs et, quand il en sera là, il sera à la moitié de sa prière !» La plupart des réunions de prière seraient considérablement améliorées s’il y avait deux fois plus de monde et si chacun priait brièvement et de façon précise pour un besoin particulier.
3. La prière était trop entortillée
Le public était incapable de suivre la prière à cause de son extrême imprécision. Celui qui priait n’avait aucun sujet précis de prière ; c’est pourquoi il parlait de généralités, mais ne mentionnait rien de précis. Pour être édifiante, la prière doit être précise. La personne qui prie doit se rappeler qu’elle s’approche de son Père céleste comme un enfant, en ayant quelque chose de précis à lui dire ou à lui demander. Il est écrit qu’« Élie était un homme de la même nature que nous», mais il pria pour un sujet bien précis; Dieu l’entendit et exauça sa prière (Ja 5.17,18).
4. En réalité, la prière était une petite prédication
Celui qui prie en public est toujours tenté de prêcher au lieu de présenter ses supplications devant le trône de la grâce. Beaucoup de prétendues prières auraient pu servir de prédications prononcées du haut de la chaire. Un jour, à la fin d’une réunion de prière, un chrétien s’approcha d’une personne qui avait prononcé une telle prière et la remercia beaucoup pour la bonne prédication qu’elle avait délivrée pendant sa prière. Inutile de préciser qu’elle fut à la fois surprise et terriblement embarrassée.
Certaines prières vont même jusqu’à rappeler à Dieu dans quel chapitre et verset de la Bible il a fait telle ou telle promesse ! Ces personnes mentionnent même le numéro du cantique et le titre du recueil d’où ils ont tiré un vers ! Il y a encore pire ! On connaît des personnes qui, sous le couvert d’une prière font des remontrances à quelqu’un de présent. Quelle honte et quel déshonneur que d’utiliser le trône de la grâce pour critiquer un frère ou une sœur à qui on a peur de parler en face.
Élie « pria avec instance » (Ja 5.17, Darby, note). De certaines prières on pourrait plutôt dire : « en priant, il prêcha » où : « en priant, il prêcha ses frères » où : « en priant, il exhorta ». Assurons-nous que, comme Élie, « en priant, nous prions » !
5. La prière contenait trop de répétitions
Certaines prières décrivent des cercles sans fin et répètent indéfiniment les mêmes choses. Certes la façon de les demander diffère légèrement chaque fois, mais, tout compte fait, cela revient à demander la même chose de différentes manières. L’exhortation : « Ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens » (Mt 6.7) ne s’appliquerait-elle pas dans ce cas ? De cette façon, une prière de cinq minutes s’allonge bien inutilement à dix minutes, voire davantage.
6. La prière comportait une utilisation excessive des noms et titres divins
On hésite à aborder cette question, mais qui n’a pas déjà entendu des prières où le même titre divin revient pratiquement à chaque phrase ? Il semblerait que celui qui prie l’utilise comme bouche-trou lorsqu’il est à court de mots et se donne ainsi un petit répit pour réfléchir à sa phrase suivante. Cette façon de prier n’ajoute ni révérence ni édification, mais elle encourage fortement les vaines répétitions.
On n’imagine pas un petit enfant allant trouver son père avec une requête construite sur ce modèle de prière. S’il le faisait, il dirait : « Papa, je suis venu te trouver, papa, pour que tu me permettes, papa, de sortir, papa. » On en viendrait presque à souhaiter que de telles prières soient sténographiées et soumises à leurs auteurs pour qu’ils se rendent compte du supplice qu’ils imposent à ceux qui les écoutent. L’étude des prières de la Bible contribuerait beaucoup à éliminer ce type de prière et favoriserait des prières plus révérencieuses, intelligentes et édifiantes.
Pour résumer, la prière publique doit être distinctement articulée pour que tous puissent l’entendre. Il vaudrait mieux garder le silence si la voix ne peut être entendue. La prière doit être brève et précise de sorte que les auditeurs n’aient aucun doute quant à ce que l’homme qui prie avait à l’esprit. Enfin, elle doit être empreinte de respect, de solennité et de sincérité pour que l’auditoire se rende compte que la personne qui prie les introduit dans la présence de Dieu. À l’écoute d’une telle prière, les auditeurs seront prêts à entendre la Parole qui suivra.[10]
Il faut savoir que l’Ancien Testament ne présente pas la vérité néotestamentaire
Selon les Écritures elles-mêmes, cette vérité correspond à une révélation ultérieure. Certes, la vérité de l’Évangile était préfigurée et annoncée par des types (Ro 3.21), et la grâce a de tout temps été le principe du salut (Ro 4.1–16). Mais seul le Nouveau Testament révèle clairement l’Évangile dans sa plénitude, en tant que fondement, moyen et résultat du salut (Ro 16.25; 2 Ti 1.10). Quant à l’Église, nous n’en trouvons pas la moindre trace dans l’Ancien Testament. Elle n’était pas connue à d’autres époques (Ép 3.5). L’union du Juif et du non-Juif dans un seul corps en Christ, ayant part tous deux à la même vie éternelle, est une doctrine purement néotestamentaire. L’Ancien Testament ne dit rien des procédures applicables dans le Nouveau testament ; celles-ci résultent de la présence du Saint-Esprit, de l’existence de l’Église et de la compréhension de l’Évangile désormais pleinement révélé. Le Nouveau Testament est la dispensation de l’Esprit, l’Ancien éminemment celle de la Loi (voir Galates).
Attention au piège de ne pas voir dans l’ancien testament la moindre trace de l’évangile.
Même si tout cela est vrai, évitons de tomber dans la folie de dire qu’on ne peut prêcher l’Évangile à partir de l’Ancien Testament. Cette affirmation révélerait une incompréhension totale de faits. Certes, l’Évangile n’y est pas pleinement révélé, mais quel étudiant sérieux des Écritures ne décèle pas dans l’Ancien Testament des préfigurations ou des illustrations du salut ? Dans la formation de l’Ancien Testament, Dieu avait déjà l’Évangile en vue et il préparait les hommes à le recevoir. L’Évangile ne lui est pas venu à l’esprit après-coup.
Par contre s’il n’y aucun rapport dans le texte entre l’ancien et le nouveau
Il convient de tirer une conclusion importante : aucun type ou événement historique de l’Ancien Testament ne peut enseigner une vérité de l’Évangile sur laquelle le Nouveau ne dit rien. Une secte, par exemple, veut nous faire croire que les deux boucs de Lévitique 16 représentent Christ et Satan, que Satan est finalement celui qui prend sur lui les péchés des croyants et les emporte dans le désert où ils disparaissent complètement. La fausseté fondamentale d’une telle idée est mise en lumière par l’absence du moindre indice de cette interprétation dans l’Évangile du Nouveau Testament. L’Ancien Testament ne peut qu’illustrer ce que le Nouveau testament enseigne clairement concernant l’Évangile.
Pour le peuple de Dieu soyons prudent aussi
S’agissant de l’Église, ne tombons pas dans le piège qui refuse de voir dans l’Ancien Testament la moindre illustration de la relation présente entre Christ et son peuple. Certes, l’Ancien Testament ne contient aucun enseignement sur l’Église, mais il en brosse de remarquables tableaux et nous sommes dans notre droit le plus strict d’y voir des illustrations, en ne perdant jamais de vue qu’il s’agit uniquement d’illustrations et non de doctrines. Par précaution, il faut évidemment s’assurer que l’application de tout type vétérotestamentaire est en plein accord avec l’enseignement néotestamentaire qui révèle le premier la pleine vérité de l’Église.
Il faut appliquer le même principe quant aux procédures préconisées par le Nouveau Testament. Cela signifie qu’aucun événement historique de l’Ancien Testament ne peut s’imposer comme pratique sous l’économie du Nouveau Testament.
Attention aux allégories
L’auteur fut surpris il y a quelque temps quand il apprit qu’une personne tentait de justifier le baptême des nourrissons en se référant au fait que Moïse fut sauvé des eaux ! Cette personne s’appuyait également sur 1 Corinthiens 10.1,2 : « Ils ont tous été baptisés en Moïse. » Elle prétendait que le « tous » incluait aussi bien les petits enfants que les adultes ! Une telle démarche comporte une double erreur. Premièrement, la citation est une application de Paul à un événement de l’Ancien Testament pour illustrer non le mode de baptême, mais le danger inhérent à toute compromission avec l’idolâtrie (v. 6–12). Indépendamment de la justesse ou de la fausseté de la pratique en question, une telle référence à une application d’un incident vétérotestamentaire n’est qu’une allégation d’une illustration et en rien une preuve. La seule preuve admissible en faveur de cette pratique résiderait dans l’enseignement clair des écrits du Nouveau Testament. Et ceux qui citent cette application forcent l’illustration de façon démesurée. Il va de soi que la présence d’enfants ne modifiait en rien ce que l’apôtre avait à l’esprit. D’ailleurs, quelqu’un a même ajouté : « Il y avait également du gros et du petit bétail, mais nous n’en déduisons tout de même pas que les animaux doivent être baptisés !»[11]
Conclusion
Nous avons essayé de montrer comment être dans la communication de la parole de Dieu et comment veiller sur notre enseignement. Demandons au Saint Esprit de nous aider.
[1] Gibbs, A. P. (2012). Le prédicateur et son message. (A. Doriath, Trad.) (p. 306–307). Trois-Rivières, QC : Éditions Impact.
[2] Gibbs, A. P. (2012). Le prédicateur et son message. (A. Doriath, Trad.) (p. 309–310). Trois-Rivières, QC : Éditions Impact.
[3] Gibbs, A. P. (2012). Le prédicateur et son message. (A. Doriath, Trad.) (p. 310–311). Trois-Rivières, QC : Éditions Impact.
[4] Gibbs, A. P. (2012). Le prédicateur et son message. (A. Doriath, Trad.) (p. 315–316). Trois-Rivières, QC : Éditions Impact.
[5] Gibbs, A. P. (2012). Le prédicateur et son message. (A. Doriath, Trad.) (p. 316). Trois-Rivières, QC : Éditions Impact.
[6] Gibbs, A. P. (2012). Le prédicateur et son message. (A. Doriath, Trad.) (p. 323–324). Trois-Rivières, QC : Éditions Impact.
[7] Gibbs, A. P. (2012). Le prédicateur et son message. (A. Doriath, Trad.) (p. 325–326). Trois-Rivières, QC : Éditions Impact.
[8] Gibbs, A. P. (2012). Le prédicateur et son message. (A. Doriath, Trad.) (p. 370–374). Trois-Rivières, QC : Éditions Impact.
[9] Gibbs, A. P. (2012). Le prédicateur et son message. (A. Doriath, Trad.) (p. 383–385). Trois-Rivières, QC : Éditions Impact.
[10] Gibbs, A. P. (2012). Le prédicateur et son message. (A. Doriath, Trad.) (p. 391–395). Trois-Rivières, QC : Éditions Impact.
[11] Horton, A. E. (2012). APPENDICE: L’ENSEIGNEMENT, L’INTERPRÉTATION ET L’APPLICATION DE L’ÉCRITURE. In A. Doriath (Trad.), Le prédicateur et son message (p. 410–412). Trois-Rivières, QC: Éditions Impact.