Notions et concepts du salut dans les religions et les systèmes de croyance

Par

Bernard IRRMANN

Une dissertation requise pour le certificat intitulé :

DOCTORAT EN DIVINITE

A l’attention de :

BIBLEDOC

P.O BOX 118

USA

Nous nous proposons dans cette dissertation de rechercher les notions et les concepts de salut dans différentes religions et systèmes de croyance. Nous nous appliquerons à observer l’évolution du salut au fil des siècles et des ethnies et à analyser de manière plus particulière certains systèmes de croyance mal connus.

Date : 02/06/2022

Notions et concepts du salut dans les religions et les systèmes de croyance

Table des matières

Notions et concepts du salut dans les religions et systèmes de croyances. 4

Introduction : 4

La question du salut : 4

La notion du salut : 4

Le concept de salut : 5

Quelques exemples de religions avec des notions de salut différentes. 5

Dans la religion Grecque traditionnelle : 5

Dans le Judaïsme antique : 5

Dans le Christianisme : 5

Cherchons à approfondir la compréhension du mot salut : 6

Dans le judaïsme. 6

Dans le Christianisme : 7

La notion de salut dans l’Islam : 7

Le salut dans l’hindouisme et le Bouddhisme : 8

Le Bouddhisme et sa conception du salut. 9

En réalité qu’est-ce qu’une religion du salut ?. 9

Expliquer la notion de salut est difficile à cause de sa complexité. 10

I - La délivrance dans le védisme et le bouddhisme. 10

II - Le salut dans l'orphisme grec. 11

III – Le salut dans le judaïsme ancien. 13

IV - Le salut chrétien. 14

Quand les croyances spirituelles sont-elles nées ?. 15

La représentation de l’invisible et des premiers mythes. 15

Le nécessaire besoin d’expliquer le monde. 16

Les religions comme des objectivations de la volonté de Dieu. 16

Des milliards d’hommes et des milliers de religions ?. 17

Les religions des chasseurs-cueilleurs. 17

Les religions agro-pastorales orales. 19

Les religions polythéistes antiques. 21

Les religions du salut universalistes. 23

Les transformations des religions du Salut. 24

Religions et courants religieux issus du bouddhisme. 24

Courants du bouddhisme theravāda. 25

Courants du bouddhisme mahāyāna. 26

Courants du bouddhisme vajrayāna. 30

Religions et courants religieux issus de l'hindouisme. 31

Confessions et courants religieux issus du christianisme primitif. 33

Courants religieux issus du Judaïsme. 38

Religions et courants religieux issus de l'Islam.. 40

Religions et courants religieux issus de la Réforme protestante. 44

Autres classifications existantes. 49

Polythéisme ou Monothéisme originel ?. 50

La transformation du salut collectif en salut individuel 50

Les trois enseignements de la sagesse chinoise. 51

Le Taoïsme et son fondateur Lozi 51

L’initiation Taoïste, les registres des généraux. 52

Le Confucianisme ou Maître Kong. 53

Une philosophie de l’harmonie. 54

Le Bouddhisme. 55

. Mais quand a démarré le Bouddhisme ?. 55

Les quatre nobles vérités. 57

Le zoroastrisme. 58

Le Zoroastrisme, la première religion monothéiste. 58

Le rejet de tous les dieux sauf un !. 59

Le feu est associé à tous les rites du Zoroastrisme. 59

Inscription concernant la victoire de Darius Ier. 60

L’influence du Zoroastrisme sur les autres religions. 60

Le Zoroastrisme devient religion d’état. 60

Quelques zoroastriens se rendent en Inde pour rester fidèles à la religion nationale. 61

La tradition grecque voit en Zarathoustra le législateur des Perses. 61

Chronologie : 61

Socrate. 61

Le signe d’une mission divine : 61

Il est ce qu'il n'est pas, il n'est pas ce qu'il est !. 62

L’introducteur de divinités nouvelles !. 62

II - La méthode de Socrate. 62

L’art d’accoucher les esprits : 62

III-Les certitudes de Socrate. 63

La voix intérieure de son fameux « démon ». 64

Jésus. 64

Comment se fait-il que Paul n écrit-il pratiquement rien de la vie de Jésus ?. 64

Quelles sont les preuves de l’existence de Jésus ?. 65

Mahomet. 65

1 janvier 624 : Mahomet vainc les caravanes qorayshites à Badr. 66

1 janvier 630 : Mahomet conquiert La Mecque. 66

8 juin 632 : La mort du prophète Mahomet. 66

Conclusion. 67

Bibliographie. 67

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notions et concepts du salut dans les religions et systèmes de croyances

Introduction :

   Ce travail de recherche sur les notions et les concepts du salut dans les religions et systèmes de croyance me semble approprié pour ma thèse de doctorat en divinité. Pour diverses raisons, la première est d’ordre intellectuelle découvrir quand et comment l’être humain a ressenti le besoin de salut me semble important pour le croyant chrétien que je suis. La seconde raison est à la fois théologique, scientifique, sociologique, et psychologique, pourquoi cette notion de salut est-elle différente selon les ethnies et les époques ?

   Pour commencer cette étude, il nous faudra comprendre ce que nous appelons le salut et découvrir à quelle époque cette notion a démarré dans nos systèmes de croyance, mais aussi quand elle est devenue un concept dans bien des religions anciennes, qui pourtant semblent actuelles.

   Nous irons à la découverte des circonstances, des événements et des hommes qui ont été les instruments de ce type de pensées, de mythes, de foi, de religions. Nous étudierons les différentes formes de salut et l’interprétation de celles-ci, selon les périodes déjà vécues par l’humanité dans plusieurs continents.

   Pour parfaire notre connaissance, nous comparerons différentes religions et certains types de croyance, nous essayerons de découvrir l’évolution de ce concept de salut à travers les siècles, mais aussi de voir et de comprendre ce qui a motivé les hommes qui sont devenus le point de départ de ces croyances, qui ont évoluées, pour la plupart en religions. Nous chercherons d’une manière très succincte à analyser les critères et les facteurs qui ont transformé la croyance spécifique d’un individu en un système de croyance nationale, puis en en une religion mondiale qui compte parfois plusieurs milliards d’adeptes.

 

La question du salut :

   La question du salut est au centre de la plupart des religions, cependant elle dépend de l’anthropologie qui la soutient. Si nous comparons le salut proposé par le védisme ou le bouddhisme et celui qui est annoncé dans le judaïsme et le christianisme, on s’aperçoit rapidement que dans un cas, le salut ne suppose aucune subjectivation et cherche le dépouillement de l’âme de tout intérêt et de tout désir, cette abolition de la conscience et la dépersonnalisation conduisant à l’extinction nirvanique. Si nous regardons dans le Judaïsme et le Christianisme, nous découvrons une mise en relation entre un sujet sauvé, l’homme pécheur, et un sujet sauveur, le messie attendu ou advenu et reconnu.

La notion du salut :

   La notion de salut comporte deux dimensions qui ne sont pas honorées de la même façon selon les religions. L’une est négative, c’est celle de la délivrance, l’autre est positive, celle de la plénitude. Selon la première, il s’agit d’être délivré de maux, qu’ils soient de nature matérielle (maladie, infortune, mort) ou spirituelle (péché, mal, monde). Pour la seconde, il s’agit d’être, d’obtenir un bien, une perfection d’être, le plus souvent donné à titre définitif : la vie éternelle.

 

Le concept de salut :

   Le concept de salut implique en négatif ceux de péril, de souffrance, consécutifs à la nature des êtres ou du monde, ou bien conséquence de l’expiation d’une faute individuelle ou collective. Ce salut, obtenu individuellement ou par l’intermédiaire d’un sauveur, peut se trouver en ce monde ou en un autre, immatériel, où l’harmonie et la justice sont rétablies, et la souffrance et l’angoisse remplacées par une félicité éternelle. Chaque religion envisage à sa manière la façon d’obtenir le salut individuel, soit par la résurrection des morts, soit par la transmigration des âmes. Attention : Cette typologie prise au pied de la lettre peut être extrêmement réductrice ! Il y a plusieurs formes de Judaïsme, d’Islam, de Christianisme et de Bouddhisme, et les conditions du salut peuvent varier à l’intérieur d’une même religion ou se recouper d’une religion à l’autre !

Quelques exemples de religions avec des notions de salut différentes

Dans la religion Grecque traditionnelle :

   Certains dieux sont supposés sauveurs, comme Zeus ou Athéna, mais les faveurs qu’ils procurent sont de l’ordre de la bonne fortune ou du bien-être.

Dans le Judaïsme antique :

   Il en est de même dans le Judaïsme ancien lorsqu’il s’agit de préserver, il s’agit de préserver l’homme des dangers ou de soutenir le peuple élu dans les épreuves de son histoire.

   Avant l’Exil, les Hébreux ne croyaient pas en un salut, destin surnaturel. La mort amenait l’homme dans le shéol, un lieu d’ombre où étaient rassemblés les morts silencieux et inconscients.
   Dans le Pentateuque comme, pour ne prendre que cet exemple, dans l’histoire de Job, l’obéissance à la loi et la fidélité au Seigneur envers et contre tout ont pour récompense la seule prospérité terrestre et la paix. Pendant l’Exil, le salut c’est le retour sur la terre d’Israël.     Les Juifs forment un peuple élu, le peuple de l’Alliance qui a un Dieu unique comme sauveur et législateur. Ce Dieu assure la conduite toute entière d’Israël en agissant parfois au moyen d'un guide comme Moïse ; il juge sans être insensible aux plaidoyers d'intercesseurs, comme Abraham en faveur de Sodome. Du VIe au IIe siècles, et donc aussi pendant l’Exil, naît un double souci de jugement et de salut intemporel. On en trouve trace chez Daniel (12, 12). La résurrection est par ailleurs affirmée comme une croyance fondamentale dans la Michna, texte majeur du judaïsme rabbinique. Les réponses sont variables pour savoir où quand et comment cette résurrection a lieu. Peu à peu, en dépit des Sadducéens qui les nient, la croyance en un Jugement dernier et en l’immortalité de l’âme s’affirme. On en trouve aussi l’expression dans les écrits intertestamentaires, dont Hénoch (voir dans La Pléiade, La Bible, Écrits intertestamentaires p. 378, 470 et autres).

Dans le Christianisme :

    Quant au christianisme, si cette dimension négative du salut se retrouve bien dans les synoptiques, en revanche l’évangile de Jean, les épîtres pastorales et les Actes, décernant le titre de sauveur au Christ, développent du salut sa dimension positive donnée comme réception plénière du bien. Le Nouveau Testament présente ainsi l’homme comme sauvé de la maladie, de la dette, de la possession et même de la mort, mais le propre de la sotériologie chrétienne est d’être à la fois eschatologique et messianique. Dessinant un telos de l’humanité, le salut chrétien vient d’un autre et non de soi-même. Il ne célèbre, contrairement aux sagesses antiques ou à certaines philosophies modernes, ni l’autarcie ni l’ataraxie. Il n’ouvre pas à la maîtrise de soi mais à la réception et à l’altérité, la dépendance consentie à un salut venu d’ailleurs étant le fondement de l’acte de foi dans le Christ sauveur. Les caractères de ce salut lui donnent une ampleur exceptionnelle. Il est individualiste et non holiste, il est universel et non particulier, il est total et non partiel : « Le Christ est venu pour tous les hommes et pour notre salut ». Délivrant l’humanité du péché, c’est-à-dire du ratage de sa finalité (hamartein), la rédemption présente deux aspects : l’un est objectif et statique car advenu une fois pour toute par la mort et la résurrection de Jésus ; l’autre est subjectif et dynamique, processus inauguré par le Christ mais restant pour chacun à poursuivre, actualiser et accomplir.

Cherchons à approfondir la compréhension du mot salut :

   Le Salut est une notion spirituelle qui signifie « délivrance et libération ». Le croyant qui possède le salut se trouve ainsi délivré et libéré du péché, de l'insatisfaction et de la condamnation éternelle. Il bénéficie d'une relation avec Dieu et a ainsi accès au paradis.

   Pour pouvoir comprendre correctement ce mot salut, il nous faut entrer dans le cadre de la sotériologie celle-ci fait partie du domaine de la théologie et a pour but d’étudier les différentes doctrines du salut. Nous nous limiterons seulement à quelques religions, nous étudierons le salut dans le judaïsme, dans le Christianisme, dans l’Islam, dans l’indouisme et le Bouddhisme.

Dans le judaïsme

 Dans la Bible hébraïque, le mot יְשׁוּעָה, Yeshou’a, est un substantif traduit par « secours »  ou  « salut ». Il apparaît dans des mots composés, en tout 113 fois, souvent dans des supplications :

Une fois dans la Genèse (49, 18),

Deux fois dans l’Exode (14, 13 et 15, 2),

Deux fois dans le Premier Livre de Samuel (2,1 et 14, 45),

Trois fois dans le Deuxième Livre de Samuel,

Très fréquemment dans les Psaumes et dans Isaïe,

Une fois dans Jonas (2, 10)

Une fois dans Habacuc (3,8),

Quatre fois dans Job.

Exemples :

Psaume 3, 9 : Le salut est auprès de YHWH (לַיהוָה הַיְשׁוּעָה, LéAdonaÏ HaYeshou’a)

Psaume 44, 5 : Ordonne le salut de Jacob !  צַוֵּה יְשׁוּעוֹת יַעֲקֹב, Tsavéh Yeshou’ot Ya’aqov)

Jonas 2, 10 : Le salut vient de l’Eternel : יְשׁוּעָתָה לַיהוָה, Yeshou’atah LéAdonaï

Dans le Christianisme :

   Divers textes du Nouveau Testament insistent sur l'importance capitale du salut éternel. D'autres expressions sont utilisées pour désigner le salut, comme « vie éternelle » ou « Royaume de Dieu ».

   La venue de Jésus est pour le salut du Monde : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle », Jn 3,16.

   Le salut s'obtient par la grâce et par la foi : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais pas d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de toute personne qui est née de l'Esprit », Jn 3,8. « En effet, c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu », Eph 2, 8.

   Le salut s'obtient aussi par les œuvres : « Vous voyez que l'homme est justifié par les œuvres et non par la foi seulement », Jacques 2,24.

   La repentance est nécessaire pour la nouvelle naissance : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle », Mc 1,15.

   L'expérience du salut débute à la nouvelle naissance : « Jésus lui répondit : "En vérité, en vérité, je te le dis, si quelqu'un ne naît pas de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu" », Jn 3,3.

   Le salut est une assurance, une certitude pour le croyant : « Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux », Lc 10,20. « Puisque nous avons une telle espérance, nous faisons preuve d'une grande assurance », 2 Cor 3,12.

   Le Christ sauve tous les hommes : « En nul autre que lui, il n'y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n'est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. », Ac 4,12.

   Le salut se manifeste dans la vie terrestre du croyant : « Le royaume de Dieu c'est la justice, la paix et la joie, par l'Esprit Saint », Rom 14,17.

   Le salut nous assure le paradis à notre mort : « Jésus lui répondit : "Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis" », Lc 23,43.

La notion de salut dans l’Islam :

   A de nombreuses reprises, le Coran évoque le principe eschatologique selon lequel les humains seront jugés au jour du Jugement. De ce jugement dépendra l'accès au Paradis ou à l'Enfer. Le Coran décrit celui-ci en utilisant le champ sémantique de la balance, du poids des péchés, ce qui l'inscrit dans la continuité de l'Ancien Testament mais aussi des sources zoroastriennes. Selon le Coran, les actions des hommes sont inscrites par des anges dans un livre qui sert lors du jugement à estimer ses actions.

   Si Dieu reste libre de diriger le défunt vers l'un ou l'autre lieux, ce sont les choix de l'homme entre le bien et le mal qui détermineront la destinée de son âme. Cette liberté de l'homme s'inscrit dans un plan de Dieu dans lequel celui-ci envoie de nombreux signes par les prophètes et par les Livres afin de guider les fidèles.

   Le choix du bien passe, pour le Coran, par l'acte d'adoration de Dieu. En effet, "l'adoration de Dieu est ce qui permet à l'homme de rester sur le droit chemin, d'obéir à Dieu, c'est à dire d'agir selon sa volonté, de purifier son âme et partant d'être récompensé à la fin des Temps".

  Ainsi, pour être sauvé, l'homme doit accomplir des actions méritoires. Celles-ci sont les devoirs prescrits par Dieu ou son prophète, que ces obligations soient personnelles ou communautaires. Avec la reconnaissance de l'unicité de Dieu, les principaux devoirs sont les "piliers de l'islam" : prières quotidiennes, jeûne du ramadan, pèlerinage à La Mecque... mais aussi le jihad, au sens d'effort contre le vice.

   D'autres actions méritoires sont citées dans le Coran comme prendre soin des pauvres et des orphelins ou se repentir. Par la foi et par les œuvres : Les musulmans croient en un Jugement dernier suivi d’un paradis ou de l’enfer. Selon la croyance la plus répandue, au moment de la mort, le corps et l’âme de l’homme se séparent. Le corps tombe en poussière jusqu’à la résurrection qui le réunira à l’âme. Celle-ci rencontre Dieu qui la juge. Ses actes sont pesés sur une balance tandis que les anges en présentent la liste noire.

   Pour les musulmans la faute la plus grave est de contester le dogme de l’unicité divine. Le vol, le mensonge, l’attitude irrespectueuse vis-à-vis du Prophète, des parents, l’adultère sont de grandes fautes mais le repentir est essentiel. Le Dernier Jour les hommes ressuscités sont réunis devant Dieu pour entendre le récit de leurs œuvres et la sentence du Juge.

   Ils sont répartis en trois catégories : les meilleurs, les justes à qui le paradis est promis, et les mécréants et criminels plongés dans la géhenne. Notons qu’il n’y a pas la notion de péché originel

Le salut dans l’hindouisme et le Bouddhisme :

   Dans l'hindouisme et le bouddhisme, le salut est défini comme la libération, pour l'adepte, du cycle de renaissance et de souffrance, le samsāra. Plusieurs courants de ces deux religions prônent, à la différence des religions théistes de type abrahamique, la non-dualité : opposer l'être individuel à l'Absolu est une erreur, issue d'une ignorance métaphysique (mâyâ, avidyā).

    L'individu serait en quelque sorte « déjà sauvé », ce qui lui manque est la prise de conscience de cette réalité, et la voie de salut qu'il doit suivre consiste à écarter le voile d'ignorance qui le porte à se croire séparé de l'Absolu.

   L'hindouisme qualifie ce résultat de moksha, libération finale de l'âme individuelle (appelée jivātman par l'école la plus représentative, celle du Védanta). L’hindouisme est une religion sans dogme, sans texte sacré unique.

   Les hindous croient, selon le concept de « samsara », à un cycle de morts et de renaissances. La nature des renaissances dépend de l'état spirituel au moment de la mort. Pour se libérer de ce cycle, atteindre l'état de « moksha » (illumination), il faut un abandon de soi, des sens et des biens matériels.

   Plusieurs voies sont possibles : la voie de la sagesse (« jnana marga ») qui permet une vie de méditation ; la voie de l'action (« karma marga ») qui permet d'accomplir un devoir imposé ; la voie de la dévotion (« bhakti marga ») où l'on se donne à la divinité.


   Lorsqu’une personne atteint le « moksha » par l'une des trois voies, elle s'unit au Brahman. Le « moshka » est un état uniquement spirituel, toute matérialité est irréelle, mais les textes sont différents, certains décrivant cet état de manière quasi impersonnelle, d'autres comme une intimité avec Dieu.

Le Bouddhisme et sa conception du salut

   Le bouddhisme, qui refuse le concept d'âme immortelle (concept d'anātman), y voit l’extinction d’une avidité inextinguible, de la soif perpétuelle de plaisir, chaînon de la coproduction conditionnée : cette soif est conditionnée par la sensation, vedana et conditionne à son tour l'attachement, upadana.

   Toutefois ce salut, appelé Éveil (bodhi) ou nirvāna, peut être accessible dès la vie présente : l'universitaire britannique Paul Williams affirme que « pour de nombreux bouddhistes d'Asie du Sud-Est et depuis des temps très anciens, le Sūtra du Lotus contient l'enseignement final du Bouddha, complet, et suffisant pour le salut ».

   Le bouddhisme, de l'Inde au Japon en passant par le Tibet et la Chine, a pris de multiples formes. On ne saurait les décrire en peu de mots, mais on peut néanmoins, sans beaucoup se tromper dire qu'en tous les cas, le bouddhisme se présente comme une doctrine du salut.


   Le salut prêché par Bouddha et/ou ses disciples se présente comme une voie pour se libérer du monde des désirs et de la souffrance.

   Bouddha est vraisemblablement né vers le milieu du VIe siècle avant l'ère chrétienne dans une région à 250 km au nord de Bénarès. Il se présente comme un maître à penser. Il mena une vie d'ascète pendant de nombreuses années, persuadé, comme telle était la croyance en Inde, que tous les êtres vivants transmigrent sans fin d'une existence à une autre, homme, animal, dieu, - les bienfaits ou les méfaits dont ils furent les acteurs dans une existence déterminant la pénibilité ou le bonheur dans l'existence suivante.


   Il n'en reste pas moins que toute existence est souffrance ou aboutit à la souffrance, même celle des dieux qui aura une fin. Se libérer de la souffrance, c'est aussi se libérer du cycle des transmigrations. C'est d'abord connaître l'origine de cette souffrance : celle-ci se trouve dans le désir et l'ignorance, sources de convoitises, de haine et d'erreur, les trois racines du mal, mères de tous les vices.

   L'idéal est de parvenir par l'ascèse et la méditation au détachement, « Nirvana », de ces trois racines et à l'Illumination. Les voies et les étapes pour y parvenir sont diverses. C'est alors la fin des transmigrations. Cette fin est-elle le néant ou un état absolument indéfinissable et tel qu'aucun terme ne peut le décrire ? La question divise les écoles et les spécialistes.

En réalité qu’est-ce qu’une religion du salut ?

   La tradition herméneutique moderne oppose le salut collectif, celui du peuple, au salut personnel, en particulier celui que proclame le christianisme. Alors que pour le judaïsme, le salut exige une dimension publique, dans le christianisme, il est décerné à l’individu par le mystère de la grâce divine. Le terme de « religion de salut » apparaît vers la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Pour les savants allemands, héritiers de Luther, l’idée de salut est l’essence même du christianisme : tout tient à la rédemption par la personne de Jésus Christ. Une telle centralité de la rédemption ne se retrouve dans aucune autre religion.

Expliquer la notion de salut est difficile à cause de sa complexité

   La notion de salut en histoire des religions est une notion complexe. Elle comporte un aspect négatif, par où le salut s'entend comme délivrance et libération ; dans cette perspective, les maux dont le fidèle se trouve préservé sont souvent de nature matérielle, ou du moins temporelle : maladies, infortunes diverses, mort de soi-même ou d'autrui ; mais il s'agit aussi de maux spirituels : le salut libère du péché, ou de l'emprise d'un monde jugé mauvais. On se rapproche ainsi du contenu positif de cette notion, où il s'agit de l'octroi d'un bien ; généralement, du seul bien désirable, unum necessarium, la vie éternelle ; on parlera alors du salut eschatologique.

   Mais l'ambiguïté n'est pas pour autant levée ; car le salut eschatologique peut difficilement se trouver purement et simplement repoussé jusqu'à la fin des temps ; il doit se manifester dès cette vie, sous forme de promesse, d'arrhes, de réalisation inchoative. Cette incertitude apparaît plus ou moins dans tous les contextes religieux, mais l'accent y est mis sur l'un ou l'autre pôle.

   Certaines langues ont des mots différents pour désigner le salut comme délivrance et le salut comme plénitude ; c'est ainsi que l'allemand emploie Erlösung dans le premier cas, et Heil dans le second ; le français ne bénéficie pas de cette clarification, et l'on y doit savoir chaque fois de quel aspect du salut l'on veut parler. Un autre fait de langue est la parenté sémantique qui existe entre le salut que l'on donne en saluant et le salut que procure le sauveur, puisque Littré aussi bien que Bloch et von Wartburg définissent le verbe « saluer »  :  « souhaiter à quelqu'un le salut ».

   Toutes les religions, a-t-on dit, font plus ou moins sa place au salut ; il ne peut être question d'en faire ici la revue complète ; on y prélèvera quelques échantillons significatifs, choisis dans les milieux les plus différents ; on examinera ainsi la conception du salut que l'on rencontre dans les religions de l'Inde, dans la religion grecque, et bien entendu dans la tradition judéo-chrétienne ; on essaiera de dégager les caractères spécifiques propres à chaque cas ; sans méconnaître les courants communs qui circulent à travers ces diverses manifestations.

 

I - La délivrance dans le védisme et le bouddhisme

 L'une des doctrines centrales de la religion de l'Inde ancienne est, on le sait, celle du karman : la nécessité qui s'impose à l'âme de toujours subir une renaissance nouvelle dans une condition humaine ou animale déterminée par la qualité de ses actes passés.

  Le salut consiste à s'évader de la fatalité du karman, à briser le cycle des renaissances, à l'immobiliser de même que la roue du potier s'arrête quand aucune impulsion ne la fait plus tourner. Selon certaines écoles, cette délivrance n'est possible qu'à la mort, mais d'autres voient dans le saint, dès ici-bas, un « délivré-vivant » dépouillé de tout besoin, de tout désir, de tout intérêt : « Il jouit sans relâche de la délivrance, plongeant et replongeant dans ce lac de béatitude innée qu'est la suprême réalité de Shiva », dit la Vague de félicité, poème attribué à Shankara.

   Selon que la perspective est théiste ou athée, l'état du délivré dans la mort définitive est décrit de façons diverses, mais concourantes : passivité et union à Dieu, abolition de la conscience, dépersonnalisation et identification avec le brahman, « comme est l'écoulement du fleuve dans la mer ».

   Bien qu'on le regarde parfois comme une hérésie du brahmanisme ancien, le bouddhisme a repris et fortifié cette représentation du salut dans la doctrine célèbre mais souvent mal comprise de l’extinction ou nirvâna : celui qui sait s'arrache à l'emprise de la causalité naturelle ; « son âme et affranchie de l'attachement au désir, de l'attachement au devenir, de l'attachement à l'erreur, de l'attachement à l'ignorance.

   Dans le délivré s'éveille la connaissance de sa délivrance ; la renaissance est anéantie, la sainteté atteinte, le devoir rempli, il n'y a plus de retour en ce monde » (Samyutta-Nikâya). Mais le nirvâna n'est pas seulement l'au-delà qui attend le saint après sa mort ; c'est l'état de perfection dont il jouit déjà dans cette vie : « Celui qui s'est échappé des sentiers trompeurs, non frayés, difficiles du Samsâra, celui qui a passé à l'autre bord et a atteint la rive, abîmé en lui-même, sans défaillance, sans doute, celui qui, délivré des choses de la terre, a atteint le nirvâna, celui-là je l'appelle un vrai brahmane » (Dhammapada).

   Dès lors que la racine en est anéantie, peu importe que cette existence passagère se prolonge pour quelques instants ou pour un siècle ; s'il le veut, le saint peut tout de suite y mettre fin ; mais il attendra le plus souvent le terme fixé par la nature : « Je ne soupire pas après la mort, je ne soupire pas après la vie : j'attends jusqu'à ce que l'heure vienne, comme un serviteur qui attend sa récompense. Je ne soupire pas après la mort, je ne soupire pas après la vie : j'attends que l'heure vienne, conscient et d'un esprit vigilant » (Milindapanha).

   Mort naturelle ou mort anticipée, est-ce dans le néant que le saint entre quand en sonne l’heure. À cette question on a trop souvent donné sans précaution une réponse affirmative ; c'est le mérite de Max Müller et de H. Oldenberg d'avoir montré qu'au moins dans la doctrine originelle du Bouddha et de sa première communauté, le nirvâna était en réalité le plus haut achèvement de l'existence et non sa suppression, encore que l'on demandât expressément aux fidèles de renoncer à rien savoir de l'existence ou de la non-existence du parfait délivré.

 

II - Le salut dans l'orphisme grec

   Dans la religion grecque commune, le titre de « sauveur » ou « salvatrice » (sôter et sôteira) est décerné à plusieurs dieux et déesses. C'est une épithète ordinaire de Zeus et d'Athéna ; les Athéniens célébraient en l'honneur de tous deux une fête appelée précisément Diisôteria ; ils offraient à Zeus sôter la troisième et dernière coupe des banquets, et Platon fait plusieurs fois allusion à cette coutume en parlant de « Zeus, troisième Sauveur ». Sôter et sôteira sont encore le titre habituel d'Apollon, d'Asclépios, d'Artémis ; Isis et Sérapis sont invoqués dans les mystères comme theoi sôteres. Il ne faudrait cependant pas se méprendre sur l'objet de ce salut. Les inscriptions montrent que les dieux sont ainsi nommés quand on s'adresse à eux pour obtenir des bienfaits limités et terrestres, une guérison ou un heureux voyage, ou pour les remercier d'avoir reçu une semblable faveur.

   Aussi comprend-on que les rois hellénistiques et les empereurs romains finirent par porter le même titre ; ainsi, au IIIe siècle avant J.-C., Ptolémée Ier d'Égypte et Antiochus Ier de Syrie ; César est salué par la ville d'Éphèse comme le « sauveur commun de la vie humaine » ; Antonin le Pieux l'est comme celui « qui sauve tout le genre humain ». Il faut ajouter que ce titre de sauveur est associé fréquemment à l'idée de la « manifestation » (epiphaneia) du personnage : Asclépios sôter est dit « avoir manifesté sa présence » ; Antiochus et César sont appelés dans des inscriptions des « dieux manifestes ».

   Le salut procuré par tous ces dieux et princes sauveurs ne dépasse pas, on l'a vu, le niveau médiocre du bien-être et de la bonne fortune. Mais il en va tout autrement dans ce courant privilégié de la religion grecque ancienne qu'est l'orphisme.

   L'orphisme primitif, connu notamment par le témoignage de Platon qui l'associe souvent au pythagorisme, se formait de la vie une représentation radicalement pessimiste ; exploitant (à moins qu'ils ne l'aient inspirée) une formule paradoxale d'Héraclite promise à une longue fortune, les orphiques regardaient la prétendue vie des hommes comme une vraie mort, et leur mort comme la vraie vie.

   C'est que la vie présente était à leurs yeux le temps d'un châtiment mérité par des fautes antérieures, en particulier par une faute originelle et constitutive ; péché collectif lointain et expiation individuelle présente, ces convictions reposaient sur une anthropologie mythique selon laquelle le genre humain aurait été issu des cendres des Titans foudroyés par Zeus pour avoir dévoré le jeune Dionysos, en sorte que la nature de chaque homme comportait, de façon héréditaire, deux parts inégales en dignité comme en étendue : une parcelle précieuse sauvée du corps de Dionysos y était enfouie dans la masse perverse héritée des Titans. Dans cette perspective, tout le sens de la vie humaine était de libérer l'élément dionysiaque de sa gangue titanique ; et ce résultat se méritait dans une suite douloureuse de réincarnations.

L'adepte de l'orphisme peut-il aider ce processus libérateur dont l'achèvement définit le salut ?

   En tout cas, il résistera à la tentation d'une libération prématurée et violente ; il s'interdira le suicide ; le Socrate du Phédon (62 ab) fait sur ce point une claire allusion aux orphiques et cite l'une de leurs formules : « Et puisqu'il y a des gens pour qui d'un autre côté il vaut mieux d'être morts, oui, il te paraît probablement merveilleux que ce soit de leur part une impiété de se procurer à eux-mêmes ce bienfait, et qu'au contraire ils doivent attendre un bienfaiteur étranger ! ... » Il y a, à ce propos, une formule qu'on prononce dans les mystères : « Une sorte de garderie, voilà notre séjour à nous, les hommes, et le devoir est de ne pas s'en libérer soi-même ni s'en évader. » Seule est recommandée la rupture ascétique avec le corps par le moyen des purifications et du végétarianisme ; venant à son heure, la mort naturelle couronnera cet effort et ouvrira le salut en donnant d'échapper au cycle des réincarnations. Des lamelles funéraires du IVe ou IIIe siècle avant l'ère chrétienne, dont l'origine orphique est très probable, prêtent au défunt des propos qui traduisent bien le sentiment de la libération définitive : « J'ai bondi hors du cycle des lourdes peines et des douleurs et me suis élancé d'un pied prompt vers la couronne désirée. »

   Mais le témoin le plus explicite de la conception orphique du salut reste, malgré sa date tardive (Ve s. après J.-C.), Proclus dans son commentaire du Timée : « Voici ici présenté par le Démiurge le seul salut de l'âme, celui qui délivre du « cercle de la génération », de la longue errance, de la vie inutile : c'est la remontée vers la forme intellective de l'âme et la fuite de tout ce qui s'est attaché à nous en raison de la génération » ; cette remontée, poursuit Proclus, « fait passer l'âme entière de l'errance dans la génération à la vie bienheureuse, cette vie que souhaitent d'obtenir ceux qui chez Orphée sont initiés à Dionysos et à Koré, qui souhaitent          « d'être délivrés enfin du cercle et de reprendre souffle dans leur misère ». Selon toute probabilité, il n'y eut jamais véritablement contact entre l'orphisme et les religions de l'Inde ancienne ; la rencontre est d'autant plus saisissante entre ces deux univers, touchant leur conception du salut : avant-goût de la délivrance dès cette vie par la pratique de l'ascèse, attente patiente de l'heure de la mort, évasion définitive hors du cycle des réincarnations.

III – Le salut dans le judaïsme ancien

   À de rares exceptions près, « sauveur » est, dans l'Ancien Testament, un titre réservé à Yahvé. Mais le salut que promet ou procure le Dieu sauveur se situe à plusieurs niveaux différents, entre lesquels on discerne une progression du moins spirituelle au plus spirituel.

   Il s'agit d'abord de la préservation ou de la libération de maux ou de dangers temporels, comme on l'a vu dans la religion grecque courante. Cette perspective se fait jour par exemple dans le cantique de gratitude et de confiance attribué à David qui vient d'être délivré de la main de Saül : « Yahvé est mon rocher, ma forteresse et mon libérateur, mon Dieu est mon roc, en lui je m'abrite, mon bouclier, ma corne de salut, ma citadelle et mon refuge, mon sauveur, toi qui me sauves de la violence ! J'invoque Yahvé digne de louanges, et de mes ennemis je suis sauvé ! » (II Sam., XXII, 2-4) ; les hommages à l'adresse du Dieu sauveur, formulés dans les mêmes termes et révélateurs de la même attitude, sont nombreux dans les livres poétiques de la Bible ; ainsi le Psaume XXXI (2-3), également attribué à David : « En toi, Yahvé, je m'abrite : que je ne sois jamais confondu ! Par ta justice délivre-moi ! Tends vers moi ton oreille, hâte-toi de me sauvegarder, sois pour moi un rocher de refuge, un château fort pour me sauver ! »

   La doctrine du salut commence à évoluer quand elle concerne, non plus la protection individuelle, mais la sauvegarde du peuple élu tout entier dans les grands dangers et les lourdes épreuves de son histoire ; telle est la conception qui a cours par exemple dans le récit de la traversée de la mer Rouge : « Moïse dit au peuple : « N'ayez pas peur ! Restez sur place et voyez le salut que Yahvé réalisera pour vous aujourd'hui, car les Égyptiens que vous voyez aujourd'hui, vous ne les reverrez jamais plus ! » (Ex., XIV, 13) ; et encore dans les poèmes d'Isaïe relatifs à l'exil de Babylone : « Israël sera sauvé par Yahvé, en un salut perpétuel. Vous ne serez ni honteux, ni confus, à perpétuité » (Is., XLV, 17).

   À un degré supérieur, la libération procurée par Yahvé met fin au mal spirituel, au péché :      « Je vous délivrerai de toutes vos souillures... Vous vous rappellerez vos voies mauvaises et vos actions qui n'étaient pas bonnes, et vous serez saisis de dégoût à votre propre sujet, à cause de vos fautes et de vos abominations » ; ainsi parle Yahvé en Ezéchiel, XXXVI, 29-31.

   Matérielles ou déjà spirituelles, les conceptions du salut que l'on vient de voir en Israël ont en commun d'être, à différents niveaux, négatives. Pour rencontrer un contenu positif de la même notion, il faut attendre le salut messianique. Aussi bien la libération de la captivité en Égypte (ce pays passant pour le symbole du péché) et de l'exil babylonien sera-t-elle, au temps du Christ, tenue pour le type du salut apporté par le Messie.

   Tel est en tout cas le salut que le judaïsme attendait à l'époque de Jésus ; on peut s'en assurer en lisant, au début de l'Évangile de Luc (I, 68-75), le cantique de Zacharie père de Jean-Baptiste  « Béni soit le Seigneur, Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et racheté son peuple, en nous suscitant un puissant sauveur dans la maison de David, son serviteur... Un sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de tous ceux qui nous haïssent... selon le serment qu'il fit à Abraham, notre père, de nous donner qu'une fois délivrés de la main de nos ennemis, nous le servions sans crainte, dans la sainteté et la justice, sous son regard, toute notre vie durant. »

IV - Le salut chrétien

   On se heurte à quelques problèmes quand on essaie de dégager la doctrine du salut dans le Nouveau Testament. Sans doute le titre de sauveur y est-il, à de multiples reprises, attribué au Christ ; mais c'est seulement dans les parties les plus récentes du texte, à savoir dans les épîtres pastorales, dans l'évangile de l'enfance (début de Luc), et dans l'Évangile de Jean ; il n'y en a pas trace dans la catéchèse des Évangiles synoptiques.

   D'autre part, on a vu que, selon le témoignage des inscriptions, la religion grecque populaire associait fréquemment, à propos des dieux ou des princes, le titre de sauveur et l'idée de manifestation ; or, curieusement, on rencontre la même conjonction, opérée sur la personne de Jésus, dans les épîtres pastorales ; ainsi dans l'Épître à Tite (II, 13) : « En attendant le bienheureux objet de notre espérance et la glorieuse manifestation de notre grand Dieu et sauveur le Christ Jésus », et encore dans la IIe Épître à Timothée (I, 10) ; une telle coïncidence laisse supposer une influence exercée sur Paul par les schèmes religieux du paganisme contemporain, et émousse la portée de ses descriptions de la fonction salvifique assumée par le Christ.

   Mais l'originalité irréductible du Nouveau Testament, notamment dans sa partie paulinienne, reste entière sur deux points essentiels. D'une part, il emploie le titre de sauveur dans le sens eschatologique, tout à fait ignoré des documents hellénistiques ; ainsi dans l'Épître aux Philippiens (III, 20) : « Pour nous, notre patrie, c'est le ciel d'où nous attendons comme sauveur Notre Seigneur Jésus-Christ. » D'autre part, il le fait dans un contexte de rédemption,

   Également original, comme on le voit par exemple dans l'Épître à Tite (II, 14 ; suite du texte cité plus haut) : « Notre sauveur le Christ Jésus, lequel s'est livré en personne pour nous, afin de mieux racheter nos iniquités. »

   En définitive, la notion du salut qui domine dans le Nouveau Testament concerne le salut messianique, conçu non seulement comme la préservation des maux, même spirituels, mais comme la possession eschatologique de la plénitude du bien. Non que le mot n'y apparaisse pas souvent dans le sens profane, appliqué par exemple aux guérisons miraculeuses de la maladie ou de la mort corporelles ; mais, même alors, celles-ci sont la plupart du temps regardées comme le signe de la santé ou de la vie spirituelles ; on peut citer à cet égard le discours de Pierre à Jérusalem reproduit dans les Actes des Apôtres (IV, 8-12) : « Chefs du peuple et anciens, puisque, aujourd'hui, à l'occasion d'un bienfait accordé à un homme infirme, on nous interroge par quel moyen il a été guéri, sachez-le bien, vous tous et tout le peuple d'Israël, c'est au nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts ; c'est par lui que cet homme se présente devant vous guéri. C'est lui la pierre qui, rejetée par vous, les bâtisseurs, est devenue tête d'angle. Et le salut ne se trouve dans aucun autre ; car il n'est dans le ciel aucun autre nom donné aux hommes, par qui nous devions être sauvés. »

   Enfin, qu'il soit considéré, négativement, comme la libération qui délivre du péché ou, positivement, comme la surabondance des plus hauts biens imaginables, le salut eschatologique appartient par définition au futur ; pourtant, il a d’une certaine façon commencée dès ici-bas, ce qui explique que le Nouveau Testament emploie assez souvent le verbe « sauver » au passé. Car le salut déjà venu se présente comme le gage du salut à venir ; un excellent raccourci de cette double polarité, en même temps que de toute la doctrine, se lit dans l'Épître à Tite encore (III, 4-7) : « Mais lorsque Dieu le Père notre sauveur a voulu nous témoigner sa bonté et son amour des hommes, il nous a sauvés, non par nos prétendues œuvres de justice, mais dans sa miséricorde, par le baptême de régénération et de rénovation en l'Esprit saint : le Saint-Esprit qu'il a largement répandu sur nous par Jésus-Christ notre sauveur. Ainsi justifiés par sa grâce, nous avons l'espérance de posséder un jour la vie éternelle. ».

Quand les croyances spirituelles sont-elles nées ?

   Dès le néolithique, et peut-être depuis plus longtemps encore, nos ancêtres ont développé des croyances et observé des pratiques rituelles. Le sentiment religieux, le besoin de croire, serait donc profondément inscrit dans la nature de l’homme.

   Quand les croyances spirituelles sont-elles nées ? Cette question nous renvoie à l’aube de notre histoire, et peut-être même avant ! Alors que l’Homo sapiens, notre plus lointain parent, est apparu il y a 150 000 ans, un autre hominidé – l’Homo heidelbergensis – se serait déjà adonné à des pratiques rituelles très longtemps avant. Ainsi, sur le site préhistorique de la Sima de los Huesos (« gouffre des ossements »), au nord de l’Espagne, plus de 5 000 fragments d’une trentaine de squelettes d’hominidés, datant de 400 000 ans, ont été découverts. Et au milieu de ces ossements, une pierre en quartzite rouge a été retrouvée. Elle pourrait constituer une offrande mortuaire. « C’est le plus ancien témoignage d’un rite funéraire dans l’histoire de l’humanité », s’enthousiasme le spécialiste de la préhistoire Henry de Lumley dans La Grande Histoire des hommes européens (Odile Jacob). « Il nous met en présence des premiers balbutiements de la pensée symbolique. » D’autres historiens sont plus réservés. Ils considèrent que les premières traces attestées de religiosité se trouvent dans des sépultures vieilles de 100 000 ans, découvertes au Proche-Orient et attribuées cette fois à l’homme moderne.

   Le fait d’enterrer ses morts n’est pas sans signification. Surtout lorsque des totems sont destinés à les accompagner : cela indique que quelque chose d’intangible est supposé se passer après, au-delà du monde visible et matériel. « C’est la première trace d’une pensée mythique, résume le préhistorien Marcel Otte dans A l’aube spirituelle de l’humanité (Odile Jacob). Elle apparaît en même temps un peu partout sur la planète, comme la maîtrise du feu, la fabrication d’outils ou le langage. »

La représentation de l’invisible et des premiers mythes

   Autre progrès : il y a 40 000 ans, nos ancêtres se découvrent de nouveaux talents. Ils commencent à orner les grottes de gravures et de dessins, dont certains paraissent relever de la mythologie, ainsi des silhouettes d’hommes à tête de chien découvertes sur le plateau libyen du Messak. « Ces représentations constituent une façon de donner vie à l’invisible et au surnaturel », poursuit Marcel Otte. L’art pariétal aurait même joué un rôle dans le cadre de rituels magiques ou chamaniques. Difficile de reconstituer les us et coutumes des hommes préhistoriques et d’interpréter avec justesse la signification de ces pratiques.

   Cependant nous savons que les premières traces attestées de panthéons et de cérémonies religieuses remontent au néolithique, il y a quelque 10 000 ans. Les vestiges de statuettes, masques et grigris de cette époque renvoient à des pratiques polythéistes et animistes. Dans ces cultes, les forces spirituelles agissent sur la nature, et parfois même punissent ou récompensent les hommes en fonction de leur conduite. « Ces religions primitives ne se réduisent pas à des croyances générales sur l’esprit et les dieux, insiste le sociologue Jean-François Dortier, auteur de L’Homme, cet étrange animal (Sciences Humaines).

   Elles définissent un cadre moral qui s’impose à la communauté, des règles de vie, et des rites propitiatoires pour se faire pardonner quand on y a dérogé, ainsi que des intercesseurs permettant de faire le lien avec le sacré, qu’ils soient chamanes, devins ou prêtres. » En somme, c’est tout une organisation sociale que règlent ces pratiques rituelles.

Le nécessaire besoin d’expliquer le monde

   « Aucune société sans religion n’a été découverte à ce jour », poursuit Jean-François Dortier. Même si des individus athées ou sceptiques se retrouvent ici ou là. Et si les croyances et rites varient d’un peuple à l’autre, partout la foi joue le rôle de ciment social. « La vérité est que la religion, étant coextensive à notre espèce, doit tenir à notre structure », déduisait le philosophe Henri Bergson. Autrement dit, croire serait inhérent à l’homme, comme l’est le fait de marcher sur deux jambes ou de parler. « Qu’il y ait bien là une disposition originelle, renchérissait Bergson, c’est ce que nous pouvons constater quand un choc brusque réveille l’homme primitif qui sommeille au fond de chacun de nous », lorsque la peur nous pousse à prier ou à croiser les doigts par exemple.

   L’anthropologue américain Scott Atran estime quant à lui que l’homme cherche spontanément une raison aux choses : soit une explication rationnelle quand cela est possible (le sol est mouillé parce qu’il a plu), soit un responsable lorsque le phénomène semble plus mystérieux (mais qui fait tomber la pluie ?). Cette disposition serait innée. Qu’il le veuille ou non, l’Homo sapiens reste d’abord et avant tout un… Homo religiosus !

Les religions comme des objectivations de la volonté de Dieu

   En d’autres termes, l’histoire des hommes n’a jamais été abandonnée à elle-même. Dès qu’il y a émergence de ce seuil qu’est l’esprit humain, l’histoire des libertés est une histoire de péché et de grâce et il est impossible de discerner la part du génie religieux de l’homme et la part du don de Dieu.

   L’histoire universelle est, à la fois, l’histoire de la quête par l’homme de l’Absolu que nous nommons Dieu et la recherche de l’homme par Dieu. Selon l’intuition de Karl Rahner, on peut considérer les religions comme des objectivations de la volonté universelle de salut de Dieu.

   C’est dire qu’en dépit de leurs limites dans l’ordre de la connaissance et de leurs imperfections dans l’ordre moral, elles peuvent être des tentatives maladroites et balbutiantes en quête du vrai Dieu. L’esprit créé se définit comme un relatif à Dieu, non seulement le Dieu créateur, mais le Dieu qui fait grâce et cherche à se communiquer au maximum.

Des milliards d’hommes et des milliers de religions ?

   Les sciences sociales estiment aujourd'hui que l'humanité a créé environ 10 000 religions sans prendre en compte les différents schismes. Différents universitaires ont présenté durant les deux derniers siècles des thèses sur la classification de ces religions.

   Le sociologue des religions Yves Lambert soutient la thèse que les religions peuvent être organisées en supergroupes correspondant aux grandes évolutions de l'humanité : l'apparition de l'écriture, l'apparition de structures sociales plus complexe et l'apparition de l'universalisme. En mettant ceci en parallèle avec la définition des périodes axiales de Karl Jaspers. Lambert propose les regroupements et enchaînements suivants :

  • Les religions des chasseurs-cueilleurs(peuples à tradition orale et sans l'État, comme les Evenksde Sibérie)
    • Période axiale correspondants, selon Jaspers : mésolithique(paléolithique supérieur).
  • Les religions agro-pastorales orales(peuples à tradition orale et avec des structures sociales plus complexes comme les Dogonsdu Mali)
  • Les religions polythéistes antiques(sociétés à tradition écrite et dotées d'État comme le yahwisme, les religions antiques ou le védisme)
    • Période axiale correspondants, selon Jaspers : Royaumes antiques : débuts vers 3000 av. J.-C. (Mésopotamie, Égypte), puis cités-États, royaume et empires antiques.
  • Les religions de Salut universalistes(avec l'apparition de l’universalisme seraient arrivés le judaïsme, le christianisme, le zoroastrisme, le bouddhismeou encore l'islam)
  • Les transformations des religions de Salut(nouvelles formes religieuses, systèmes séculiers avec par exemple leprotestantisme)

   Pour des raisons de temps et d’espace, nous ne regarderons que sommairement les religions des chasseurs-cueilleurs, des agro-pastorales et les religions polythéistes antiques.

Les religions des chasseurs-cueilleurs

   Ces religions sont quasi exclusivement pratiquées par des peuples à la culture orale ne disposant pas de structure étatique et subsistant à travers la chasse et la cueillette.

   La plupart de ces religions sont apparues avant le ixe siècle av. J.-C. et ont évolué vers des religions agro-pastorales, même si certaines d'entre elles ont pu subsister jusqu'à nos jours (totémisme des Aborigènes d'Australie par exemple).

   Ces religions se caractérisent notamment par une absence de divinité, un rôle primordial des âmes et la notion de malheur-contrepartie (plutôt que de la notion de malheur-sanction que l'on retrouve notamment dans les religions abrahamiques).

   L'animisme, tel que défini par Edward Burnett Tylor, s’intégrerait dans cette catégorie.

Nom

Date d'apparition

Date dernière pratique

Région d'apparition

Religion traditionnelle des Aborigènes australiens (totémisme)

Vers Le1 millénaire av. J.-C.

Culte toujours pratiqué

Australie

Religion nauruane

Inconnue

Quasiment disparu

Pacifique

Chamanisme inuit

Entre VIIIe millénaire av. J.-C. et VIe millénaire av. J.-C.

Culte toujours pratiqué

Régions arctiques de l'Amérique du Nord

Chamanisme amérindien

Vers XLe millénaire av. J.-C.

Culte toujours pratiqué

Amérique du Nord

Religions iroquoïennes

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Amérique du Nord

Religions algonquiennes

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Amérique du Nord

Chamanisme des Yaguas

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Amazonie

Religion saami

ixe siècle

XVIIIe siècle

Europe

Tengrisme

IIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Turquie / Mongolie

Chamanisme chinois

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Asie de l'Est

Shintoïsme

VIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Japon

Caodaïsme

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

Vietnam

Chamanisme des Évenks

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Sibérie

Chamanisme coréen

Préhistoire

Culte toujours pratiqué

Corée

               

Les religions agro-pastorales orales

   Ces religions sont quasi exclusivement pratiquées par des peuples à la culture orale mais disposant de structures sociales plus complexes que celles des chasseurs-cueilleurs, notamment avec une hiérarchie plus marquée.

  La plupart de ces religions ont été pratiquées entre le IXe millénaire av. J.-C. et le xxxve siècle av. J.-C.. Toutefois, certaines ont pu émerger beaucoup plus tardivement et peuvent continuer à être pratiquées (religion des Dogons par exemple).

   Ces religions se caractérisent par l'émergence de notions comme les ancêtres, les dieux, la prière, les sacrifices ou les maux-sanctions mais sont toutefois assez similaires aux religions des chasseurs-cueilleurs sur un certain nombre d'aspects.

   Ces religions firent place pour la majeure partie d'entre elles aux religions polythéistes antiques lors du tournant axial polythéiste mais certaines perdurèrent, notamment en Afrique subsaharienne, faisant parfois œuvre de syncrétisme comme le vaudou, apparu au XVIe siècle av. J.-C.

Nom de la croyance

Date d'apparition

Date dernière pratique

Région d'apparition

Religion des Rapa Nui

Inconnue

XIXe siècle

Pacifique

Religion polynésienne

Inconnue

Inconnue

Pacifique

Religion mélanésienne

Inconnue

Inconnue

Pacifique

Religion micronésienne

Inconnue

Inconnue

Pacifique

Religion des Celtes

Inconnue

Entre Ier siècle et IIe siècle

Europe

Religion minoenne

-2700 avant J.-C.

-1700

Europe

Religion des Guanches

Inconnue

Inconnue

Afrique

Croyances berbères (religion libyque)

Inconnue

Vers VIIIe

Afrique (Maghreb)

Religion des Dogons

Vers XIVe siècle

Culte toujours pratiqué

Afrique subsaharienne

Vaudou

Vers XVIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Afrique subsaharienne

Religion yoruba

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Afrique subsaharienne

Religion sérère

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Afrique subsaharienne

Culte des orishas

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Afrique occidentale

Culte des Ewes

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Afrique occidentale

Religion malgache

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Madagascar

Les religions polythéistes antiques

   Ces religions sont pratiquées par des populations disposant de l'écriture et d'une structure étatique. En revanche, elles n'intègrent pas la notion d'universalisme qui arrivera avec les religions du Salut.

   Ces religions furent pratiquées entre 3500 av. J.-C. et le Ve siècle av. J-C, bien que certaines puissent être encore de nos jours pratiqués, comme le jaïnisme.

   D'autres comme les religions mésoaméricaines furent pratiquée bien plus tard, durant la première moitié du second millénaire de notre ère.

   Les premiers écrits religieux, retrouvés en Mésopotamie, datent de 2700 av. J.-C. La première liste de divinités date quant à elle de 2600 av. J.-C., toujours en Mésopotamie.

   Elles sont pour certaines polythéistes, d'autres non, mais en aucun cas monothéiste, exception faite du culte d'Aton en Égypte.

Nom

Date d'apparition

Date disparition

Région d'apparition

Religion tarasque

XVe siècle av. J.-C.

XVIe siècle

Amérique du Nord

Religion olmèque

Vers XIIe siècle av. J.-C.

ive siècle

Amérique du Nord

Religion aztèque

XIIIe siècle

XVIe siècle

Amérique centrale

Religion maya

Vers 2600 av. J.-C.

XVIe siècle

Amérique centrale

Religions du Pérou précolombien

XIIIe siècle

XVIe siècle

Amérique du Sud

Religion des basques

Paléolithique

Inconnue

Europe

Religion nordique ancienne

(Forn siðr)

Vers IIe millénaire av. J.-C.

Entre VIIIe siècle et Xe

Europe

Religion de la Rome antique

VIIIe siècle av. J.-C.

ive siècle

Europe

Religion des Slaves

Inconnue

XIIe siècle

Europe

Religion proto-magyare

Inconnue

XIe siècle

Europe

Mythologie étrusque

Vers Ier millénaire av. J.-C.

Ier siècle av. J.-C.

Europe

Culte de Sol Invictus

IIIe siècle av. J.-C.

ive siècle

Europe

Religion grecque antique

Vers VIIIe siècle av. J.-C.

Premiers siècles après J.-C.

Europe

Mystères d'Éleusis

Vers Ier millénaire av. J.-C.

Premiers siècles après J.-C.

Europe

Religion de l'Égypte antique

IVe millénaire av. J.-C.

ive siècle

Égypte

Religion des Philistins,

Vers XIIe siècle av. J.-C.

Inconnue

Proche-Orient

Yahwisme

Entre XIIIe siècle av. J.-C. et XIIe siècle av. J-C

Ve siècle av. J.-C.

Proche-Orient

Religion cananéenne

IIIe millénaire av. J.-C.

Ier millénaire av. J.-C.

Proche-Orient

Religion ougaritique

XIVe siècle av. J.-C.

XIIIe siècle av. J.-C.

Moyen-Orient

Religion élamite

XXIIIe siècle av. J.-C.

IIIe millénaire av. J.-C.

Moyen-Orient

Mazdéisme

Entre Xe et VIIe siècle av. J-C.

VIIe siècle av. J.-C.

Moyen-Orient

Religion mésopotamienne

XXIe siècle av. J.-C.

Premiers siècles après J.-C.

Moyen-Orient

Religion préislamique en Arabie

Inconnue

VIIe siècle

Moyen-Orient

Religion sumérienne

Inconnue

IIe millénaire av. J.-C.

Moyen-Orient

Védisme

IIe millénaire av. J.-C.

ixe siècle av. J.-C.

Sous-continent indien

Brahmanisme

vie siècle av. J.-C.

Ve siècle

Sous-continent indien

Gréco-bouddhisme

ive siècle av. J.-C.

Ve siècle

Asie

Bön

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Tibet

Religion des Daces

     

Culte de Zalmoxis

Ve siècle

Inconnue

Roumanie

Religion hittite

IIe millénaire av. J.-C.

IIe millénaire av. J.-C.

Proche-Orient

   Dans la religion mésopotamienne, on notera quelques événements religieux importantes comme le culte impérial d'Akkad au XXIIe et le culte de Marduk vie siècle av. J.-C.

   Dans la religion égyptienne, on notera quelques dates importantes comme le culte d'Amon-Rê au XXVIe siècle av. J.C.et le culte monothéiste d'Aton en 1364 - 1347 av. J.-C. Ces religions ont donné lieu à certains syncrétismes comme le mazdakisme, syncrétisme du mazdéisme et du manichéisme.

Les religions du salut universalistes

   Ces religions sont définies par une culture écrite, associée à l'existence d'États, et par une dimension universaliste.

   Elles sont toutes apparues pendant la période axiale universaliste et sont pour certaines monothéistes.

   Cette période axiale universaliste marque aussi l'arrivée des religions karmiques.

Nom

Date d'apparition

Date dernière pratique

Région d'apparition

Judaïsme

vie siècle av. J.-C.

Culte toujours pratiqué

Proche-Orient

Christianisme

Ier siècle

Culte toujours pratiqué

Proche-Orient

Mithraïsme

IIe siècle av. J.-C.

vie siècle

Europe

Islam

VIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Péninsule arabique

Confucianisme

vie siècle av. J.-C.

Culte toujours pratiqué

Asie de l'Est

Bouddhisme pré-sectaire

VIIe siècle av. J.-C.

Culte toujours pratiqué

Sous-continent indien

Jaïnisme

Vers Xe

Culte toujours pratiqué

Sous-continent indien

Zoroastrisme

Vers VIIe siècle av. J.-C.

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Taoïsme

VIIe siècle av. J.-C.

Culte toujours pratiqué

Asie de l'Est

Hindouisme

Ve siècle av. J.-C.

Culte toujours pratiqué

Sous-continent indien

Les transformations des religions du Salut

   Ces religions ne sont que des prolongements des religions du Salut. Les tableaux ci-dessous présente ces transformations.

Religions et courants religieux issus du bouddhisme

   Bien que les spécialistes ne s'accordent pas sur le fait que le bouddhisme soit ou non une religion, ce dernier a vu se développer différents mouvements religieux et/ou philosophique en son sein.

Le bouddhisme se compose de trois branches principales :

Nom

Nature

Date d'apparition

Région d'apparition

Bouddhisme hīnayāna

L’une des trois branches du bouddhisme

IIIe siècle av. J.-C.

 

Bouddhisme mahāyāna

L’une des trois branches du bouddhisme

Ier siècle

Inde du nord

Bouddhisme vajrayāna

L’une des trois branches du bouddhisme

ive siècle

Inde

Courants du bouddhisme theravāda

   Le bouddhisme theravāda est la seule branche survivante issue des branches indiennes du bouddhisme ancien; à ce titre, il se veut aussi le représentant (mais c'est là un point sujet à débat) du bouddhisme des origines (le bouddhisme pré-sectaire), antérieur aux diverses divisions qui suivront.

Nom

Origine / rattachement

Date d'apparition

Région d'apparition

Sthaviravādins

Issu du bouddhisme pré-sectaire

ive siècle av. J.-C.

Inde

Mahasanghika

Issu du bouddhisme pré-sectaire

ive siècle av. J.-C.

Inde

Ekavyāvahārika

Issu du Mahasamghika

Inconnue

Inde

Bahuśrutīya

Issu du Mahasamghika

Inconnue

Inde

Prajñaptivāda

Issu du Mahasamghika

IIIe siècle

Inde

Caitika

Issu du Mahasamghika

IIe siècle av. J.-C.

Inde

Sthaviravāda

Issu du bouddhisme pré-sectaire

ive siècle av. J.-C.

Inde

Mahīśāsaka

Issu du bouddhisme pré-sectaire

IIe siècle av. J.-C.

Inde

Dharmaguptaka

Issu du bouddhisme pré-sectaire

Ier siècle

Inde

Kāśyapīya

Issu du bouddhisme pré-sectaire

IIe siècle av. J.-C.

Inde

Sarvāstivāda

Issu du bouddhisme pré-sectaire

IIIe siècle av. J.-C.

Inde

Vibhajyavāda

Issu du bouddhisme pré-sectaire

IIIe siècle av. J.-C.

Inde

Theravāda

Issu du bouddhisme pré-sectaire

IIIe siècle av. J.-C.

Inde

Vatsiputriya

Issu du bouddhisme pré-sectaire

 

Inde

Sammitiya

Issu du bouddhisme pré-sectaire

 

Inde

Sautrāntika

Issu du bouddhisme pré-sectaire

 

Inde

 

 

Courants du bouddhisme mahāyāna

   Le bouddhisme mahāyāna regroupe toutes les écoles bouddhistes qui existent aujourd'hui (y compris le bouddhisme vajrayāna), à l'exception du bouddhisme theravāda. On peut diviser son développement historique en trois principaux courants : les écoles philosophiques indiennes, les écoles chinoises médiévales et les écoles qui se développeront après le ixe siècle.

Nom

Origine / rattachement

Date d'apparition

Date dernière pratique

Région d'apparition

École Mādhyamika

Écoles philosophiques indiennes

IIe siècle

 

Inde

École Cittamātra

Écoles philosophiques indiennes

ive siècle

 

Inde

École Sanlun

Écoles chinoises médiévales (Jin orientaux)

Ve siècle

ixe siècle

Chine

École des Quatre traités

Écoles chinoises médiévales (Jin orientaux)

Ve siècle

ixe siècle

Chine

École Chengshi

Écoles chinoises médiévales (Jin orientaux)

Ve siècle

ixe siècle

Chine

École Jushe

Écoles chinoises médiévales (Jin orientaux)

Ve siècle

ixe siècle

Chine

École Pitan

Écoles chinoises médiévales (Jin orientaux)

Ve siècle

ixe siècle

Chine

École Shelun

Écoles chinoises médiévales (Jin orientaux)

Ve siècle

ixe siècle

Chine

École Niepan

Écoles chinoises médiévales (Jin orientaux)

Ve siècle

ixe siècle

Chine

École Dilun

Écoles chinoises médiévales (Jin orientaux)

Ve siècle

ixe siècle

Chine

École Lü ou Vinaya

Écoles chinoises médiévales (Jin orientaux)

Ve siècle

ixe siècle

Chine

École Huayan

Écoles chinoises médiévales (Jin orientaux)

Ve siècle

ixe siècle

Chine

École de la Terre Pure

Écoles chinoises médiévales (Jin orientaux)

Ve siècle

ixe siècle

Chine

École Sanjie 

Écoles chinoises médiévales (Dynasties Sui et Tang)

600

Inconnue

Chine

École Tiantai 

Écoles chinoises médiévales (Dynasties Sui et Tang)

vie siècle

ixe siècle

Chine

École tantrique

Écoles chinoises médiévales (Dynasties Sui et Tang)

Inconnue

ixe siècle

Chine

École Weishi

Écoles chinoises médiévales (Dynasties Sui et Tang)

 

ixe siècle

Chine

École chán dite « du Sud »

Écoles chinoises médiévales (Dynasties Sui et Tang)

VIIIe siècle

Inconnue

Chine

École japonaise Kegon

Ecole issue de Huayan

VIIIe siècle

Toujours pratiqué

Japon

Le chán, qui devint plus tard le zen

 

Ve siècle

Toujours pratiqué

Chine, Corée, Japon et Viêt Nam

Sōtō

Principale école zen

ixe siècle

 

Chine

Rinzai

Branche japonaise de l'école chinoise Linji elle-même venant de l'école chán.

   

Japon

Ôbaku

École syncrétiste associant le chán Linji (zen rinzaï) au Jingtu (Terre Pure)

   

Japon

Chogye

Synthèse du Son coréen (zen) et de l'école chinoise Huayan

   

Corée

T'aego

Synthèse du Son coréen (zen) et de l'école chinoise Huayan

1960

 

Corée

Jōdo shū

École issue des écoles jingtu ou Terre Pure

   

Japon

Jōdo shinshū

École issue des écoles jingtu ou Terre Pure

   

Japon

Yūzū nembutsu shū

École issue des écoles jingtu ou Terre Pure

   

Japon

Ji shū

École issue des écoles jingtu ou Terre Pure

   

Japon

Bouddhisme de Nichiren

 

XIIIe siècle

Toujours pratiqué

Japon

Nichiren Shū

L'une des principales écoles dites traditionnelles du bouddhisme de Nichiren

XIIIe siècle

 

Japon

Nichiren Shōshū

L'une des principales écoles dites traditionnelles du bouddhisme de Nichiren

XIIIe siècle

 

Japon

Sōka Gakkai

École dite traditionnelle du bouddhisme de Nichiren

1930

Toujours pratiqué

Japon

Reiyukai

École dite traditionnelle du bouddhisme de Nichiren

   

Japon

Risshō Kōsei Kai

École dite traditionnelle du bouddhisme de Nichiren

   

Japon

Nichiren Honshū

École dite traditionnelle du bouddhisme de Nichiren

   

Japon

Nichiren Shū Fuju-fuse-ha

École dite traditionnelle du bouddhisme de Nichiren

   

Japon

Kempon Hokkeshū

École dite traditionnelle du bouddhisme de Nichiren

   

Japon

Hokkeshū Honmon-ryū

École dite traditionnelle du bouddhisme de Nichiren

   

Japon

Hokkeshū Jinmon-ryū

École dites traditionnelle du bouddhisme de Nichiren

   

Japon

Hokkeshū Shinmon-ryū

École dites traditionnelle du bouddhisme de Nichiren

   

Japon

 

 

Courants du bouddhisme vajrayāna

   Le vajrayāna est une forme tardive de bouddhisme, dérivée du mahāyāna, nommée aussi « bouddhisme tantrique », tantrayāna, ou encore mantrayāna et guhyamantrayāna, c'est-à-dire « véhicule du mantra secret ». Il présente la particularité d'utiliser comme supports de pratique un panthéon de « déités » multiples : bouddhas, protecteurs ou gardiens (dharmapalas), dakinis et bodhisattvas.

Nom

Origine / rattachement

Date d'apparition

Date dernière pratique

Région d'apparition

Shugendō

École du vajrayāna

VIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Japon

Shingon

École du vajrayāna

ixe siècle

Culte toujours pratiqué

Japon

Tendai

École du vajrayāna

ixe siècle

Culte toujours pratiqué

Japon

Shinnyo-en

École du vajrayāna

1936

Culte toujours pratiqué

Japon

Kagyüpa

École du bouddhisme tibétain

XIe siècle

Culte toujours pratiqué

Tibet

Sakyapa

École du bouddhisme tibétain

1073

Culte toujours pratiqué

Tibet

Guélougpa

École du bouddhisme tibétain

XIVe siècle

Culte toujours pratiqué

Tibet

Nyingmapa

École du bouddhisme tibétain

Ve siècle

Culte toujours pratiqué

Tibet

 

Religions et courants religieux issus de l'hindouisme

   L'hindouisme est l'une des plus vieilles religions du monde encore pratiquées, qui n'a ni fondateur ni Église. On retient parfois une tripartition historique qui fait de l'hindouisme la dernière phase du développement des religions en Inde, après le védisme aryen (~1500 à 900 av. J.-C.) et le brahmanisme (~900 à 400 av. J.-C.).

L'hindouisme est composé de quatre branches principales : le shivaïsme, le shakti, le Smarta et le vishnouisme.

Nom

Origine / rattachement

Date d'apparition

Date dernière pratique

Région d'apparition

Brahmanisme

L'une des principales branches de l'hindouisme

vie siècle av. J.-C.

Ve siècle

Inde

Shivaïsme

L'une des principales branches de l'hindouisme

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Inde

Vishnouisme

L'une des principales branches de l'hindouisme

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Inde

Smarta

L'une des principales branches de l'hindouisme

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Inde

Pashupata

Courant du Shivaïsme

Ier siècle14

Culte toujours pratiqué

Inde

Kapalika

Courant du shivaïsme

vie siècle

Culte toujours pratiqué

Inde

Shaiva-siddhanta

Courant du shivaïsme

XIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Inde

Shivaïsme du Cachemire

Courant du shivaïsme

VIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Inde

Lingayatisme

Courant du shivaïsme

XIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Inde

Tantrisme

Mouvement transfère aux religions brahamiques

vie siècle

Culte toujours pratiqué

Inde

Sikhisme

Syncrétisme de l'hindouisme et l'islam

XVe siècle

Culte toujours pratiqué

Sous-continent indien

Association internationale pour la conscience de Krishna

Vaishnavisme

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Brahma Kumaris

Hindouisme

1936

Culte toujours pratiqué

Inde

Lingayatisme

Nouvelle religion basée du l'hindouisme

XIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Inde

Udasi

Sikhisme

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Inde

Manichéisme

Hindouisme et christianisme

IIIe siècle

XVIIe siècle

Moyen-Orient

 

Confessions et courants religieux issus du christianisme primitif

   À l'origine, il n'y avait qu'un unique mouvement nommé aujourd'hui christianisme primitif qui devint christianisme nicéen en 325 à la suite du Premier concile de Nicée, puis Pentarchie à partir du Premier concile de Constantinople en 381 et au Concile d'Éphèse en 431, puis Église catholique à partir du Ve. Siècle.

   La religion chrétienne s'est structurée durant les premiers siècles après JC. Le tableau ci-dessous liste les confessions et mouvements issus du christianisme primitif puis du catholicisme. Sont notés « courant » les mouvements légitimes internes (sans déclaration d'hérésie) au christianisme primitif jusqu'au catholicisme. Sont notés « courant puis hérésie » les mouvements internes déclarés hérétiques à la suite d'une décision (concilebulle papale) des autorités religieuses. Sont notés « hérétique puis intégrant la confession orthodoxe » les mouvements déclarés hérétiques par l'Église chrétienne primitive ou l'Église catholique mais ayant rejoint le courant confessionnel chrétien appelé Christianisme Orthodoxe (différent de l'Église orthodoxe qui elle renvoie à la notion d'Église des sept conciles) : ceci correspond à l'ensemble des mouvements religieux réunis sous la dénomination Église des deux concilesÉglise des trois conciles et Église des sept conciles.

   L'Église catholique regroupe l'Église catholique occidentale, dite Église latine (99 % des chrétiens catholiques), et les églises catholiques orientales, de rite oriental. Le christianisme orthodoxe dispose aussi de cette différenciation due à la nature des rites.

   À la différence de l'Église catholique qui dispose d'une seule structure cléricale, le christianisme orthodoxe est en fait une communion d’Églises indépendantes sur le plan de l'organisation et de la discipline et intimement liées entre elles sur le plan dogmatique : on parle alors d'Église autocéphales et autonomes. Ici, elles ne sont pas listées et sont comprises dans les mouvements Église des deux conciles, Église des trois conciles et Église des sept conciles.

Nom

Nature

Date d'apparition

Date dernière pratique

Région d'apparition

Sabéisme

Courant

Inconnue

Inconnue

Moyen-Orient

Elkasaïtes

Courant

IIe siècle

Xe siècle

Moyen-Orient

Adoptianisme

Courant puis hérésie pour l'Église primitive

IIe siècle

XIIe siècle

Moyen-Orient

Ébionisme

Courant puis hérésie pour l'Église primitive

Ier siècle

Xe siècle

Moyen-Orient

Manichéisme

Religion distincte

IIIe siècle

XVIIe siècle

Moyen-Orient

Apollinarisme

Courant puis hérésie pour l'Église primitive

ive siècle

ive siècle

Moyen-Orient

Arianisme

Courant puis hérésie pour l'Église primitive

ive siècle

ive siècle

Moyen-Orient

Homoiousisme

Courant

ive siècle

ive siècle

Moyen-Orient

Macédonianisme

Courant puis hérésie

ive siècle

Ve siècle

Moyen-Orient

Anoméisme

Courant puis hérésie

ive siècle

ive siècle

Moyen-Orient

Monophysisme

Courant puis hérésie

ive siècle

ive siècle

Moyen-Orient

Miaphysisme

Courant puis hérésie

ive siècle

ive siècle

Moyen-Orient

Église des deux conciles

Hérétique puis intégrant la confession Orthodoxe

ive siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Église des trois conciles

Hérétique puis intégrant la confession Orthodoxe

Ve siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Église des sept conciles

Hérétique puis intégrant la confession Orthodoxe

1054

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Églises catholiques orientales dont Église maronite

Courant catholique de rite oriental

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Priscillianisme

Courant puis hérésie

ive siècle

ive siècle

Europe

Pélagianisme

Courant

ive siècle

ive siècle

Europe

Nestorianisme

Courant puis hérésie

ive siècle

ive siècle

Europe

Catharisme

Courant puis hérésie

Xe siècle

XIVe siècle

Europe

Protestantisme

Hérétique puis créant une nouvelle confession

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Gallicanisme

Courant du catholicisme

XIVe siècle

Culte toujours pratiqué

France

Église Vieille-catholique

Catholique mais hétérodoxe

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Église catholique apostolique du Brésil

Catholique mais se déclare indépendante

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Église Mariavite

Catholique mais se déclare indépendante

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Vieux-Croyants orthodoxes

Schisme avec l'Église Orthodoxe

XVIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Église orthodoxe

Religion distincte

XIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Candomblé

Religion distincte

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Quimbanda

Religion distincte

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Umbanda

Religion distincte

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Macumba

Religion distincte

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Xambá

Religion distincte

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Egungun

Religion distincte

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Ifá

Religion distincte

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Irmandade

Religion distincte

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Confraria

Religion distincte

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Xangô do Nordeste

Religion distincte

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Tambor de Mina

Religion distincte

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Jansénisme

Courant

XVIIe siècle

XIXe siècle

Europe

Catimbó

Religion distincte

XVIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Amérique du Sud

Santeria

Religion distincte

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Antilles

Quimbois

Religion distincte

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Antilles

Palo Mayombe

Religion distincte

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Antilles

Mandéisme

Religion distincte

IIe siècle

Quasiment éteint

Irak

Bogomilisme

Courant puis hérésie

Xe siècle

XIVe siècle

Europe

Courants religieux issus du Judaïsme

   Le judaïsme n'a subi aucun schisme depuis que le judaïsme rabbinique est devenu le courant majoritaire lors des premiers siècles après J.-C. En revanche, différents mouvements internes sont apparus.

Nom

Date d'apparition

Date dernière pratique

Région d'apparition

Samaritanisme

vie siècle av. J.-C.

Culte toujours pratiqué

Proche-Orient

Judaïsme rabbinique

Ier siècle

Culte toujours pratiqué

Proche-Orient

Nazôréens

Ier siècle

Ier siècle

Proche-Orient

Secte des Issawites

VIIe siècle

Xe siècle

Perse

Secte des Yudghanites

VIIIe siècle

Inconnue

Perse

Karaïsme

ixe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Sabbataïsme

XVIIe siècle

Inconnue

Empire ottoman

Frankisme

XVIIIe siècle

XIXe siècle

Europe

Hassidisme

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Mitnagdim

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Judaïsme réformé

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Hassidisme de Loubavitch

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Dynastie hassidique de Gour

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Dynastie hassidique de Bratslav

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Dynastie hassidique de Bobov

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Dynastie hassidique de Satmar

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Judaïsme orthodoxe moderne

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Mouvement cananéen

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Judaïsme reconstructionniste

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Judaïsme massorti

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Neturei Karta

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

Israël

Hébreux noirs

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Religions et courants religieux issus de l'Islam

   L'islam a lui aussi connu de nombreuses divisions religieuses, surtout lors des premiers siècles de l'Hégire. Ces différenciations sont surtout de deux natures : la gestion de la succession du pouvoir, et l'interprétation religieuse (marqué par l'existence des écoles juridiques, en arabe Madhhab). Il existe trois grands courants religieux en Islam : le kharidjisme, le sunnisme et le chiisme. Ces courants sont à l'origine de la plupart des autres mouvements.

Nom

Origine

Nature

Date d'apparition

Date dernière pratique

Région d'apparition

Kharidjisme

Islam

Courant

VIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Sunnisme

Islam

Courant

VIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Coranisme

Islam

Courant

VIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Mutazilisme

Islam

Courant

VIIIe siècle

XIIe siècle

Moyen-Orient

Murjisme

Islam

Courant

VIIIe siècle

Inconnue

Moyen-Orient

Asharisme

Islam

Courant

VIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Chiisme

Islam

Courant

VIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Mouvement des Azraqites

Kharidjisme

Courant

VIIe siècle

VIIIe siècle

Moyen-Orient

Ibadisme

Kharidjisme

Courant

VIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Sufrites

Kharidjisme

Courant

VIIe siècle

Xe siècle

Moyen-Orient

Nekkarites

Kharidjisme

Courant

VIIe siècle

xe siècle

Moyen-Orient

Haruriyya

Kharidjisme

Courant

VIIe siècle

ixe siècle

Moyen-Orient

Najdat

Kharidjisme

Courant

VIIe siècle

ixe siècle

Moyen-Orient

Hanafisme

Sunnisme

Courant

VIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Hanbalisme

Sunnisme

Courant

ixe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Malikisme

Sunnisme

Courant

VIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Chaféisme

Sunnisme

Courant

VIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Soufisme

Sunnisme et chiisme

Courant

ixe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Alaouisme

Chiisme

Courant

ixe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Jafarisme

Chiisme

Courant

VIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Chiisme duodécimain

Chiisme

Courant

ixe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Zaïdisme

Chiisme

Courant

ixe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Kaysanites

Chiisme

Courant

VIIe siècle

Inconnue

Moyen-Orient

Ismaélisme

Chiisme

Courant

VIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Alévisme

Chiisme

Courant

Inconnue

Inconnue

Asie centrale

Bektachi

Chiisme

Courant

XIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Nizârites

Chiisme

Courant

XIe siècle

XIIIe siècle

Moyen-Orient

Qarmates

Chiisme

Courant

Xe siècle

Xe siècle

Moyen-Orient

Mustaliens

Chiisme

Courant

XIe siècle

Inconnue

Moyen-Orient

Tayyibi

Chiisme

Courant

XIe siècle

XIIe siècle

Sous-continent indien

Hafizi (en)

Chiisme

Courant

XIe siècle

Inconnue

Moyen-Orient

Druzes

Chiisme

Religion distincte

Xe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Yazdanisme

Chiisme

Religion distincte

Inconnue

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Yârsânisme

Chiisme

Religion distincte

XIVe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Sikhisme

Sunnisme

Religion distincte

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Sous-continent indien

Hurufisme

Chiisme

Courant

XIVe siècle

Culte toujours pratiqué

Asie centrale

Akhbarisme

Chiisme

Courant

XVIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Dawoodi Bohras

Chiisme

Courant

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Sulaymani Bohra

Chiisme

Courant

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Bahaïsme

Chiisme

Religion distincte

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Deobandisme

Sunnisme

Courant

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Sous-continent indien

Salafisme

Sunnisme

Courant

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Wahhabisme

Sunnisme

Courant

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Shaykhisme

Chiisme

Courant

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Usulisme

Chiisme

Courant

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Moyen-Orient

Ahmadisme

Chiisme

Courant

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Sous-continent indien

Nation of Islam

Sunnisme

Courant

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Din-i Ilahi

Chiisme

Religion distincte

XVIe siècle

Pratiquement disparu

Sous-continent indien

Babisme

Bahaïsme

Religion distincte

XIXe siècle

Pratiquement disparu

Iran

 

Religions et courants religieux issus de la Réforme protestante

   Le protestantisme a quant à lui donné de nombreuses nouvelles religions, parfois considérées comme de simples mouvements religieux.

Nom

Origine

Date d'apparition

Date dernière pratique

Région d'apparition

Luthéranisme

Réforme protestante

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Arminianisme

Réforme protestante

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Évangélisme

Réforme protestante

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Piétisme

Mouvement indépendant

XVIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Église évangélique luthérienne

Évangélisme

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Quakers

Mouvement indépendant

XVIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Anglicanisme

Réforme protestante et Catholicisme

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Calvinisme

Réforme protestante

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Presbytérianisme

Réforme protestante

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Anabaptisme

Réforme protestante

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Baptisme

Réforme protestante

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Protestantisme libéral

Réforme protestante

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Pentecôtisme

Évangélisme

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Méthodisme

Mouvement indépendant

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Mormonisme

Mouvement indépendant

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Adventistes du septième jour

Adventisme

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Shakers

Mouvement indépendant

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Témoins de Jéhovah

Mouvement indépendant

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Mennonitisme

Anabaptisme

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Assemblées de Frères (Darbystes)

Évangélisme

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Église de Scientologie

Mouvement indépendant

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Rastafarisme

Mouvement indépendant

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

Antilles

Christadelphes

Adventisme

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Église de Dieu

Adventisme

XIXe siècle

Culte quasiment disparu

États-Unis

Conférence évangélique américaine

Adventisme

XIXe siècle

XXe siècle

États-Unis

Église de Dieu (Septième Jour)

Adventisme

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Église des adventistes chrétiens

Adventisme

XIXe siècle

Culte quasiment disparu

États-Unis

Église chrétienne de l'Avent primitif

Adventisme

XIXe siècle

Culte quasiment disparu

États-Unis

Église adventiste du septième jour

Adventisme

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Union de l'Avènement et de la vie

Adventisme

XIXe siècle

XXe siècle

États-Unis

Adventistes de l'âge à venir

Adventisme

XIXe siècle

XXe siècle

États-Unis

Église de Dieu de la foi abrahamique

Adventisme

XXe siècle

Culte quasiment disparu

États-Unis

Adventistes du septième jour,

Mouvement de réforme

Adventisme

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Adventistes davidiens du septième jour

Adventisme

XXe siècle

Inconnue

États-Unis

Église de Dieu mondiale

Adventisme

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Frères unis du septième jour

Adventisme

XXe siècle

Inconnue

États-Unis

Branche des davidiens

Adventisme

XXe siècle

Inconnue

États-Unis

Amish

Anabaptisme

XVIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Huttérisme

Anabaptisme

XVIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Doukhobors

Mouvement indépendant

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

Europe

Cheondoïsme

Mouvement indépendant

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

Corée du Sud

Mouvement de sanctification

Méthodisme

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Christianisme non dénominationnel

Évangélisme

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Église universaliste

Évangélisme

XVIIIe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Universalisme unitarien

Évangélisme

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

Église kimbanguiste (kimbanguisme)

Mouvement indépendant

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

Congo belge

Aladura

Pentecôtisme

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

Nigeria

Église harriste

 

XXe siècle

Culte toujours pratiqué

Côte d'Ivoire

Science chrétienne

 

XIXe siècle

Culte toujours pratiqué

États-Unis

 

Autres classifications existantes

   Jusqu'au XVIIIe siècle, la thèse dominante concernant l'évolution des religions étaient que le monothéisme était la religion originelle de tous mais en raison de ce qu'Yves Lambert appelle une déchéance originelle, des hommes se seraient mis à vénérer des animaux, croire en des forces naturelles et autres. Toujours selon Lambert, avec la colonisation et la découverte de nouveaux peuples en Afrique, en Amérique et en Asie, ces autochtones ont été perçus de par leurs pratiques spirituelles et/ou religieuses comme les plus imprégnés de cette déchéance originelle. Au XVIIIe siècle, cette lecture a été remise en cause par différents intellectuels ayant travaillés sur l'histoire des religions.

Polythéisme ou Monothéisme originel ?

    En 1757David Hume va prendre le contre-pied de cette théorie en proposant non pas un monothéisme originel mais un polythéisme originel. Cette hypothèse est complétée avec une nouvelle lecture de l'évolution de l'Humanité : à une perfection originelle qui aurait été corrompue par les hommes, passant du monothéisme originel à au polythéisme, Hume propose a contrario une Humanité qui serait né sauvage avec le chamanisme/animisme puis serait devenu barbare avec les religions polythéistes puis civilisé avec le monothéisme pour devenir moderne avec la philosophie qui est perçu comme l'étape supérieure dans ce processus d'évolution de la religion. Cette thèse d'opposition entre la religion et la philosophie était l'une des pierres angulaires du siècle des Lumières.

   L'Église catholique rejetait alors cette théorie, préférant rester sur l'idée d'un monothéisme originel.

   Au début du XIXe siècleBenjamin Constant propose trois grandes évolutions de la nature des religions : le fétichisme, le polythéisme et le théisme2.

   Edward Tylor qui vécut au XIXe siècle, pensait que les différentes religions évoluaient naturellement, comme si un processus d'amélioration était continuellement en cours, permettant de regrouper les religions de la manière suivante :

      Robert Bellah, lui, distinguait cinq types principaux de religions :

La transformation du salut collectif en salut individuel

   J’aimerais terminer cette étude sur les religions du salut, en cherchant à démontrer comment le salut collectif s’est transformé au fil des siècles en un salut individuel. Pour le découvrir il nous faut découvrir des personnages d’exception, des visionnaires. « Des personnalités paradigmatiques » pour reprendre l’expression de Karl JASPERS, qui réfléchissent à la place de l’homme dans l’univers et refondent la morale en lui enjoignant une dimension d’éthique personnelle, initiant des processus durables qui vont une fois de plus bouleverser l’histoire de l’humanité.

   En Perse, Zoroastre institue une religion monothéiste qui insiste sur le salut individuel et la rétribution dans l’au-delà. L’inde védique voit l’émergence des Upanishad et du brahmanique,

   Du Bouddha, du jaïnisme. En Chine, apparaissent Confucius et Laozi. Les prophètes d’un Dieu unique se lèvent chez les Hébreux et les grandes figures de la philosophie grecque, de Thalès à Socrate, en passant par Pythagore ou Héraclite font basculer la pensée occidentale en lui ouvrant les perspectives nouvelles d’une connaissance fondée sur la seule raison.  On peut prolonger dans le temps le tournant axial Jaspérien dont on peut voir les ramifications s’étendre au-delà de cette période, avec l’émergence d’autres personnages qui poursuivent le travail entrepris par leurs prédécesseurs et approfondir les idées qu’ils avaient portées. C’est par exemple, au tournant de notre ère, Jésus d’une part, les rabbins d’autre part, qui révisent le Judaïsme en affermissant la notion de sujet. C’est aussi Mohamed grâce à qui, au VIIe siècle, ce tournant atteint la péninsule arabique.

Les trois enseignements de la sagesse chinoise

   L’appréhension des religions de chine par un esprit occidental est malaisée. Celui qui est habitué à classer les dogmes, les rites et les panthéons en case portant chacun le nom d’une religion ne peut être qu’interloqué par l’étroite imbrication de ce que l’on appelle les trois doctrines. Celles-ci correspondent d’une part au Taoïsme, d’autre part au Confucianisme et enfin au Bouddhisme. Pour la majorité des chinois, ces trois doctrines (ou religions) sont complémentaires, ils ne voient dans leur clergé respectif que différents spécialistes agissant au sein d’un même système religieux cohérent. Un adage Chinois affirme que « les trois enseignements ne font qu’un ». Néanmoins chacune de ces religions a son histoire, ses croyances, ses rites.

Le Taoïsme et son fondateur Lozi

   On sait peu de choses, le maître serait né au VIe siècle avant notre ère, dans le sud de la Chine, près de l’actuel Hunan. Sa première biographie est l’œuvre de Sima Qian, un historien Chinois du Ier siècle avant notre ère. Selon la tradition, Laozi aurait été un archiviste à la cour des empereurs Zhou où Confucius serait venu le consulter- un épisode attesté par le livre des rites confucéen. Parvenu à un grand âge, il décida de se retirer dans les montagnes de l’ouest, refuge des immortels. En traversant la passe de Xiangu qui sépare la Chine des pays incultes, il fut interrogé au sujet de la sagesse par le gardien de la passe, Yin Xi, Laozi lui dicta alors les cinq mille mots du Daodejing, le livre de la voie et de la vertu, celui-ci est le livre fondateur du Taoïsme. Des récits mythiques sont venus ultérieurement se rajouter à cet ouvrage.

   C’est ainsi qu’est annoncé une naissance miraculeuse, né âgé de déjà 80 ans après avoir été en gestation tout ce temps dans le ventre de sa mère qui avait été fécondé par l’étoile Polaire. On n’en sait pas plus sur le taoïsme des origines, et sur le Daodejing est lui-même un ouvrage qui ne contient aucune référence historique, aucune date, aucun nom apte à nous renseigner.

 Ses quatre-vingt-un chapitres sont autant de courts aphorismes, d’énigmatiques paroles de sagesse destinées à exprimer le Dao, un principe cosmologique antérieur à l’univers et sous-jacent à son mouvement, régissant l’ordre de la nature, le jour et la nuit, l’alternance des saisons, la vie et la mort : « Il est calme, il est immatériel, il subsiste seul et ne change point. Il circule partout et ne péricle point. Il peut être regardé comme la mère de l’univers. Moi je ne sais pas son nom. Pour lui donner un titre, je l’appelle Dao (Voie) » (Daodejing, 25). Le Dao, dit encore l’ouvrage fondateur du Taoïsme, « pratique constamment la non-action, et pourtant il n’y a rien qu’il ne fasse (Daodejing, 37).

L’initiation Taoïste, les registres des généraux

   Le Taoïsme est une religion initiatique, transmise depuis ses origines dans un face-à-face entre le maître et son disciple, exactement comme il en fut, selon la légende, pour Laozi qui transmit son premier enseignement à Yin Xi, le gardien de passe de Xiangu.

   La tradition Chinoise institue une initiation précoce, sous l’égide d’un maître, un daochi ou lettré du Dao, homme ou femme obligatoirement marié(e), l’enfant entre vers six ou sept ans, dans le système des registres.

   Outre la récitation du Daodejing, il apprend des techniques, de concentration, de maîtrise du souffle et d’extase, et reçoit un premier registre portant le nom secret d’un général ainsi que sa description, de manière qu’il puisse le visualiser.

   On peut définir le général comme une entité qui habite le corps, ou de manière plus philosophique comme un diagramme cosmologique auquel sont liées des énergies dont la connaissance et l’évocation sont sources de protection.

   Au fil de l’initiation, les registres s’étoffent : l’initié reçoit progressivement les noms secrets et les descriptions d’autres généraux, jusqu’à soixante-quinze, ainsi que de leurs armées de soldats divins.

   A chaque nouveau registre, à chaque nouvelle initiation à de nouvelles puissances, les interdits augmentent, en lien avec les divinités révélées. Le dernier registre, divisé en une partie Yin et une partie Yang, est aussi celui de l’ultime initiation laïque consistant en un rite d’union sexuelle ; les partenaires accomplissent une danse cosmique où ils mêlent leurs énergies, l’homme captant l’essence féminine de la femme, et la femme l’essence masculine de l’homme.

   Le couple atteint la maîtrise de cent cinquante généraux qui rendent apte chacun des partenaires à se prémunir contre toute attaque démoniaque. L’initiation sacerdotale, qui est l’étape suivante, permet à l’initié de devenir un maître : il a alors la capacité, non seulement de se guérir lui-même, mais aussi de distribuer ses souffles pour guérir les autres.

   Les interdits qui accompagnent les étapes de l’initiation sont autant de règles de vie touchant à la fois les sphères intime et sociale, allant dans le sens d’une ascèse menée en accord avec le cycle du temps.

   Ils totalisent cent quatre-vingt règles pour les niveaux initiatiques les plus élevés, allant de la prohibition de couper les arbres à celles de fréquenter des fonctionnaires ou de polluer des cours d’eau. Le vœu solennel de suivre ces règles dont beaucoup sont secrètes est une condition pour transmission de la révélation sous différentes formes dont les commentaires sont édictés oralement par le maître à son disciple.

   L’hygiène de vie commence par l’interdiction de toute nourriture à base de céréales dont se repaissent les trois cadavres ou les trois vers, des démons qui, à l’intérieur du corps, œuvrent à son dépérissement. A force d’affamer ces démons et de les combattre par l’absorption de drogues à base de plantes médicinales et de minéraux, la plus célèbre étant le cinabre fabriqué avec du mercure, l’initié les extermine.

   Il peut alors s’adonner à des pratiques nourrissant son principe vital et accéder à l’immortalité. La respiration embryonnaire, longues alternances d’inspirations et d’expirations pendant lesquelles l’adepte déglutit sa salive et fait remonter l’air jusqu’au champs de cinabre, sous le nombril, où se forme l’embryon d’immortalité, ou encore des séances de méditations extatiques qui sont l’occasion de visualiser les divinités intérieures. Gymnastique, massages énergétiques, danses cosmiques, récitations de formules magiques et secrètes, port de talismans, font aussi partie des techniques de longue vie élaborées par les maîtres et consignées dans les traités du vaste canon taoïste.

   Les disciples apprennent aussi le sacrifice dit des écritures qui consiste à copier des livres sacrés puis de les bruler, non en guise d’oblation aux dieux, auxquels l’homme ne doit rien, puisque les dieux sont à l’intérieur de lui-même, mais dans le cadre d’une perfection de la connaissance et d’une quête de la pureté. L’ensemble de ces pratiques doivent être accompagnées par une moralité sans faille, car les péchés retranchent des années de vie, selon ce qui est écrit dans les textes sacrés.

   Les Taoïstes s’évertuent à respecter les règles confucéennes (la piété filiale, la loyauté envers les supérieurs, la charité) l’ensemble de ces vertus doivent être faites en toute sincérité.

   D’autre part, les commandements de Laozi, d’après un texte apparu au IIIe siècle, recommandent la pratique de la non-action, de la douceur et la féminité (les trois commandements supérieurs), le sans-parole, la pureté et la bonté (les trois commandements moyens), enfin la loyauté, la modération et la modestie (les trois commandements inférieurs).

    Les livres taoïstes sont remplis de biographies de maîtres qui ayant suivi toutes ces prescriptions ont atteint l’immortalité et se sont envolés en plein jour chevauchant les nuages pour rejoindre les îles paradisiaques. Actuellement il existe deux écoles qui se partagent le paysage taoïste. L’alliance de l’unité orthodoxe et l’école de la complétude de l’authentique.

Le Confucianisme ou Maître Kong

   Konfugzi et le fondateur du confucianisme, le nom de Confucius a été donné par les Jésuites. Il est un contemporain de Laozi, Maître Kong est né vers 550 avant notre ère dans la province de Shantung.

   Il est âgé de quatre ans quand son père meurt, c’est sa mère qui l’élève dans le culte des rites des ancêtres et des traditions familiales. Son père était issu de la petite noblesse, ce qui lui permet de poursuivre ses études. Il se perfectionne dans six arts différents. Les rites, la musique, le tir à l’arc, la conduite des chars, l’écriture et le calcul. Il apprend à maîtriser les textes anciens, l’histoire de la philosophie.

   Il a dix-sept ans quand sa mère décède à son tour. Contraint à travailler, il entre dans la fonction publique comme gardien des greniers, puis il est chargé du service d’une bergerie.

    Toutefois Confucius n’aime pas ce type d’activité : Son désir est celui d’enseigner et très vite il s’entoure de disciples auxquels, il transmet ses connaissances.

   Il fondera la première école publique au monde, ouverte à tous ceux qu’il juge digne d’être ses élèves. Confucius accepte toutes les classes sociales. Pendant des années élabore sa pensée et vers la cinquantaine, il décide de retourner à la fonction publique dans l’objectif de mettre ses réflexions en pratique.

   Il est nommé chef d’un district, puis le prince de Lu le met dans son gouvernement, où il occupe le poste de ministre de la justice, puis de premier ministre. En cinq ans ses nombreuses réalisations lui amenèrent une notoriété publique, mais aussi de la jalousie et de la haine par les autres membres de la cour.

   Maître Kong assiste impuissant à la corruption qui sévit autour du prince et est désabusé par les rivalités internes. Face à cet état de fait, Maître Kong préfère s’exiler, il part entouré de ses disciples, il traverse la chine en proposant ses services à de nombreux princes locaux pour établir une société harmonieuse, créée à partir de principes de rectitude.

   Mais tout cela est vain, à soixante-huit ans, il retourne au pays de Lu et poursuit ses enseignements, ainsi que la compilation des textes anciens qui lui ont servi à élaborer sa philosophie. Il meurt cinq ans après son retour au pays de Lu.

   On date son décès vers 478 avant notre ère., il laisse à la postérité les cinq classiques ou King, qui sont plus probablement l’œuvre de ses successeurs : Le livre des mutations connu sous le nom de Yi King, le livre des poèmes (Si King), le livre de l’histoire (Shu King), le livre des rites (Li King) et les annales du printemps et de l’automne (Chunq iu King). Il est enterré dans sa ville natale à Qufu dans le Shantung.

Une philosophie de l’harmonie

Peut-on considérer le confucianisme comme une religion ?

   A ceux qui l’interrogent sur les esprits et les dieux, Maître Kong répond que la sagesse consiste à les honorer, mais aussi à s’en tenir à distance. Il précise de manière narquoise que pour les honorer, « celui qui ne sait pas remplir ses devoirs envers les hommes, comment sera-t-il honorer les esprits ».

Pour mieux appréhender la pensée de Confucius, il est utile de lire l’ouvrage qui a été écrit par ses amis quelques années après sa mort., celui-ci devenu un pilier de la pensée Chinoise.   En regardant sa vie qui se reflète dans ses écrits, on se rend compte que Maître Kong est peu porté sur le mystique, toutefois il accomplit les rites des anciens, car à ses yeux, ils sont un véhicule essentiel de l’ordre social, donc de l’harmonie des êtres et des choses. Cependant il ne recherche pas un contact personnel avec les divinités, il va de ce fait à l’encontre de la religion chamanique sur laquelle se construit le Taoïsme qui lui accompagne, les souffles, les esprits, ou encore aux énergies fondant l’ordre cosmique, courant spirituel qui semble correspondre à tout peuple de son époque des plus grands aux plus petits paysans. Des trois doctrines Chinoises, le Confucianisme est certainement la moins religieuse et la plus ritualiste.

   Si on compare Laozi qui fait de l’observation du monde, la base du salut individuel, Confucius y voit celle de l’organisation sociale. Des générations entières ont grandi, nourries aux quatre piliers du Confucianisme : Le respect, le sens moral, la tolérance et la piété filiale dont la conjugaison permet l’épanouissement de la vertu essentielle, la vertu d’humanité.

Les trois doctrines font partie de l’histoire de la Chine

   Le partage s’est le plus souvent établi entre un confucianisme érigé en idéologie officielle et en religions des lettrés et un taoïsme vécu comme une religion populaire de salut, en concurrence avec un bouddhisme plus élitiste introduit au Ier siècle.

Le Bouddhisme

   Sous la forme Mahayana, que l’on appelle aussi du grand véhicule, ce bouddhisme professe l’universalité du salut qui s’adresse aux hommes et aux femmes, ainsi qu’à toutes les couches de la société. Son message propose un vrai salut dans l’au-delà, sous forme de réincarnation successives qui mènent à la libération. Cette doctrine ne contredit aucune des autres doctrines déjà étudiées.

   Pendant tout un temps une certaine confusion a existé, entretenue par les Bouddhistes, selon laquelle leur religion serait un courant du Taoïsme. Un changement se produira quand Kumarajiva fera les traductions des textes écrits en Sanskrit en langue Chinoise. Un engouement se produira face à l’originalité du message du Bouddha. De nombreux sages se reconnaissent dans une des particularités du Mahayana qui stipule la nécessité pour ceux qui ont atteint l’éveil, de rester en ce monde d’illusions afin d’y sauver les autres. Certains prétendent avoir la possibilité de devenir un Bouddha, un éveillé par une illumination instantanée : c’est l’origine du chan que le Japon intégrera plus tard en lui donnant le nom de Zen. La légende attribue cette intuition à Bodhidharma

. Mais quand a démarré le Bouddhisme ?

   Pour découvrir le bouddhisme, il faut tourner nos regards vers l’Inde du VIe siècle avant notre ère où un certain nombre d’ascètes et de yogis seuls ou entourés de disciples, s’érigent contre l’ordre védique. Ils sont souvent issus de la classe des brahmanes. Certains appartiennent à des castes intermédiaires, voire à l’aristocratie non brahamiques. L’un d’entre eux marquera l’histoire, il s’agit du prince Siddhârta Gautama Shakyamuni, que l’on connaît plus volontiers sous le nom de Bouddha.

   Cependant les textes qui nous parlent de lui datent du IIe siècle avant notre ère, soit trois siècles après les évènements qu’ils relatent. Bouddha serait né vers 560 avant notre ère, il serait le fils aîné d’un roi de Kapilavastu, Shuddhodana, selon la légende, sa mère un peu avant la conception voit un éléphant blanc doté de six défenses qui lui touche le flanc de sa trompe ; Les brahmanes interrogés y voient le signe de la naissance d’un éveillé dont le pouvoir s’étendra sur toute la terre. Sa naissance dit encore la légende tient du miracle, l’enfant surgit du flanc droit de sa mère, naît en marchant et il porte sur lui les trente-deux signes que la tradition indienne appelle du « Grand homme », signant un destin extraordinaire.

   Son père qui veut en faire l’héritier du trône est prévenu : quand son fils verra un vieillard, un malade, un cadavre, et un mendiant, li quittera le palais et la ville. Aussitôt tout est mis en œuvre pour que le regard de Siddhârta ne croise pas les réalités de la vie humaine. Pendant trente ans le prince vivra une existence de rêve, avec quelques signes annonciateurs de son futur destin.

   Enfant il se plaît à la méditation sous un arbre, d’après la légende le soleil arrêtait sa course pour le protéger. Adolescent, il refusa de nombreuses épouses que lui propose son père. Il se mariera finalement avec cousine et aura un fils appelé Rahula.

   Toujours selon la légende Siddhârta s’ennuyant dans son palais décide d’aller à la découverte de sa ville. Il sort son char, conduit par un cocher, il voit d’abord l’étrange silhouette d’un homme courbé ; le cocher lui explique qu’il s’agit d’un phénomène tout à fait naturel, la jeunesse ne durant qu’un temps avant de céder la place à la vieillesse. A la sortie suivante, il croise un homme affaibli et fiévreux, jeté à la rue par sa famille ; le cocher lui dévoile ce qu’est la maladie. Siddhârta prend conscience de notre nature. Peu après il rencontre un cortège funèbre ; impressionné par le nombre de personnes qu’il voit en pleurs autour de cette personne qu’il croît endormie, il apprend ce qu’est la mort : ces gens pleurent parce qu’elles ne verront plus la personne qui va être amener à la crémation, lui explique le cocher.

   Une quatrième rencontre sera déterminante pour le futur bouddha, il croise un moine errant tenant son bol à aumônes mais avec un visage serein. Siddhârta comprend que sa riche condition ne le protégera jamais de la vieillesse, de la maladie, ni de la mort. Il prend conscience du caractère éphémère de l’existence, il décide de tout abandonner pour suivre l’exemple de ce moine et de partir à son tour à la recherche de la vérité qui le libérera. Un soir il quitte le palais à cheval avec son serviteur, à une certaine distance, il laisse sa monture, son manteau et tous ses biens à son serviteur. Il se rase la tête et entame une nouvelle vie, celle du renoncement.

   Il rejoindra plus tard deux maîtres Yogis parmi les plus réputés, mais très rapidement il atteint des états de concentration très avancés, mais prend aussi conscience qu’il n’arrive pas à se libérer du samsara « la roue de l’existence ».

   Il poursuit sa recherche auprès d’ascètes réputés plus stricts et demeure cinq ans avec eux avec cinq autres compagnons. Ils vont jusqu’à frôler la mort à cause des diverses privations et des souffrances qui en résultent, sans pourtant connaître ce qu’il appelle la délivrance.

   Il décide de quitter le groupe et rejoint le hameau d’Uruvilva, l’actuel Bodhgaya et s’installe sous un arbre qui est appelé ficus religiosa, faisant vœu de ne plus bouger avant d’avoir atteint la vérité. Une autre légende raconte que Mara, le dieu de la mort fit tout pour le détourner de son but. Mara essayera de l’effrayer avec des armées de démons féroces, puis de le tenter avec des femmes splendides. Tout cela en vain car quelques jours plus tard, une main posée sur le sol, le méditant accède à la boddhi, l’illumination, ou plutôt la compréhension profonde. Siddharta est devenu Bouddha, l’Eveillé.

   Brusquement il a compris le mystère de la mort et de la renaissance, maos découvert le moyen d’aider les autres êtres à se sortir de la souffrance des existences et se libérer du samsara.

   Comme les bouddhas du passé, il acquiert la triple science : le souvenir de ses existences passées (cinq cent quarante-sept, sous les formes les plus variées, selon ce que dit la tradition), de celles de tous les êtres et la certitude d’avoir détruit en lui les désirs qui produisent le karman et poussent aux renaissances successives. Le bouddha passe encore sept semaines sous son arbre existant à aller enseigner ce qu’il a découvert. Le dieu Brahma vient alors le supplier de répandre la vérité, selon ceux qui ont écrits sur le bouddha.

   Par compassion le bouddha entame sa prédication et cela pendant quarante-cinq ans. Sa première étape. Sa première étape est Sarnath, le parc des gazelles proche de Bénarès, où il délivre un enseignement aux cinq ascètes qu’il avait quittés et qui deviennent ses premiers disciples, des bhikkhu (ceux qui reçoivent).

   Il prononcera le fameux sermon de Bénarès, appelé aussi le sutra de la mise en mouvement de la roue de la loi, ou encore le discours sur les quatre nobles vérités. Puis il poursuit ses pérégrinations à travers toute l’inde, allant de ville en ville, entouré d’une foule nombreuse de disciples qui forment le premier sangha, la première communauté bouddhiste.

Les quatre nobles vérités

   Le sermon de Bénarès résume l’essentiel de la doctrine que le bouddha ne cessera par la suite d’expliquer, de détailler, d’illustrer. La roue de la loi qu’il met ce jour-là en mouvement est d’ailleurs l’un des symboles majeurs du bouddhisme ; la loi, en sanskrit le dharma, étant comprise d’abord comme l’ordre universel immuable, mais aussi comme la doctrine qu’enseigne le bouddha et qui révèle la vérité de cette loi fondamentale présidant à toute chose.

   C’est une doctrine qui tient en quatre phases lapidaires (les quatre vérités) qui tournent à partir du mot dhukka que l’on traduit en français par souffrance, sous couvert d’une nuance de douleurs, à la fois psychologiques et philosophiques. Le message du bouddha se résume à dire que la vie est dhukka. L’origine de la dhukka est la soif, comprise dans le sens de désir. Il existe un moyen de supprimer cette soif, et cet état de souffrance. Ce moyen, c’est le noble chemin octuple, ou chemin aux huit éléments justes. Chacune de ces affirmations, qui constituent le socle commun correspond au bouddhisme dans ses différentes écoles, mérite évidemment d’être développée.

   La première affirmation est le constat de la non-satisfaction. C’est le symptôme de la maladie que le bouddha énonce en sept expériences : la naissance est souffrance, la vieillesse est souffrance, la mort est souffrance, être à ceux que l’on n’aime pas est souffrance, être uni à ce l’on n’aime pas est souffrance, être séparé de ce que l’on aime est souffrance, ne pas savoir ce que l’on désire est souffrance.

   Cinq agrégats qui forment le soi, constamment en flux, qu’il décline ainsi : l’agrégat du corps (ou de la matière), ceux des sensations, de la perception, des formations de l’esprit (émotions, pulsions, volontés), mais aussi de la conscience et de la connaissance. Pour le bouddha tout est souffrance, la vie même est souffrance, et tout effort de l’homme pour accéder à un bonheur permanent n’est qu’une vaine illusion, dans la mesure où tout est impermanence.

   Pour le bouddha, reconnaitre le principe premier de la non-satisfaction, c’est admettre que l’on ne peut pas plier le monde à ses désirs. Ce constat, lucide, objectif, est un premier pas sur la voie.

   La deuxième vérité est un diagnostic de la cause de la souffrance ; c’est le désir qui provoque la renaissance, l’avidité, la recherche de jouissance, la soif des plaisirs des sens, la soif même de la non-existence, qui est en réalité le refus de la loi du Karma, la négation du lien l’acte et ses conséquences qui enchaîne l’être au samsara.

   La troisième vérité affirme que la guérison est possible, c’est dit le bouddha la cessation complète de cette soif, l’homme doit renoncer à ses désirs, il doit s’en détacher, s’en libérer. Ce qui ne signifie pas la fin de la vieillesse, des malheurs, de ma maladie ou de la mort, mais la capacité pour les observer comme des éléments extérieurs qui ne sont plus source de violence émotionnelle, mais des éléments de l’existence, à prendre comme tels.

   La quatrième vérité fournit le remède : c’est le chemin octuple qui conduit à la cessation de la souffrance, c’est-à-dire au nirvana. Ses huit composantes sont la compréhension juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, le moyen d’existence juste, l’effort juste, l’attention juste et la concentration juste. L’ensemble de ces éléments est divisé en trois disciplines, la conduite éthique, la discipline mentale et la sagesse. En réitérant, le terme juste le bouddha définit ce que l’on appelle la voie du milieu.

   Dans son premier discours le bouddha disait qu’il avait découvert le chemin du milieu qui donne la vision et la connaissance qui conduit à la paix, à la sagesse, à l’éveil et au nirvana. Le bouddha prenant le contre-pied de l’hindouisme va récuser, l’existence d’un soi permanent, l’atman, dans lequel il ne voit qu’une projection mentale. Dans le cadre de cette étude, il est impossible de traiter le Karma, Le samsara, et le nirvana de manière approfondie. A partir du bouddhisme originel, un grand nombre de forme de bouddhismes différents naitront.

   Il y aura deux formes et deux enseignements particulièrement différents que l’on appelle le petit et grand véhicule.

Le zoroastrisme

   Si le philosophe allemand Nietzsche ne l’avait pas arraché des limbes, dans les années 1880, il est probable que Zarathoustra serait resté inconnu du grand public.

   D’autant plus que ce prophète du mazdéisme, l’antique religion iranienne, demeure une figure aussi floue que le Moïse de la Bible. L’homme et son message s’enracinent dans la tradition indo-européenne et sur un vaste territoire qui s’étend de l’Iran aux vallées indiennes du Gange et de l’Indus. Là, vers 1500-1000 avant notre ère, a commencé à se transmettre oralement un corpus de récits sacrés, qui allait devenir, rédigé en sanskrit, les Veda (mot qui signifie                   « savoir ») côté indien, et, en vieil iranien, l’Avesta (mot qui signifie « éloge ») côté perse.

   Or, si les livres védiques remplissent une bibliothèque entière, les soubresauts de l’Histoire ont réduit l’Avesta, qui aurait pu nous renseigner sur Zarathoustra (Zoroastre pour les Grecs), à l’équivalent d’un livre de poche d’environ 250 pages…

   La pauvreté des sources explique les difficultés qu’éprouvent les chercheurs à situer le Zarathoustra historique. La tradition a longtemps daté son existence entre 660 et 580 avant J.-C., ce qui le relierait à ces penseurs qui, presque au même moment, entre les VIIe et Ve siècles avant J.-C., ont éveillé l’humanité : Confucius, Lao-Tseu, Bouddha, Pythagore, Socrate… Or, une étude plus approfondie de la langue des hymnes (gathas), qui constituent la partie la plus ancienne de l’Avesta et seraient l’œuvre du prophète lui-même, le situe à une époque bien antérieure. C’est aux alentours de l’an 1000 avant notre ère que l’homme aurait vécu et prophétisé.

Le Zoroastrisme, la première religion monothéiste

   Son nom signifie « Celui qui a de vieux chameaux ». Il voit le jour, « premier enfant né le sourire aux lèvres », comme le veut une légende rapportée par Pline l’Ancien au Ier siècle après J.-C., en Médie, le « Pays des mages », dans le nord-ouest de l’actuel Iran. Il appartient au noble clan des Spitanas. Son père, Pourochaspa, semble avoir été le prêtre d’une communauté d’agriculteurs.

   Ayant entendu très jeune l’appel de la solitude, il abandonne la maison familiale et erre longtemps sur les hauts plateaux d’Iran, où il subit les épreuves de la tentation. Vers 30 ans, à la suite d’une extase, il se croit investi d’une mission à la fois sociale et religieuse. Il prêche d’abord en vain, puis se rend en Bactriane, une région à cheval sur les Etats actuels de l’Afghanistan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan, à la cour d’un certain roi Vishtaspa, qu’il gagne à ses idées. Ses prédications se heurtent cependant à la résistance des Kavis, les dirigeants politiques, et des Karpans, les dirigeants religieux. Il meurt assassiné par un fanatique, à 74 ans, alors qu’il célébrait un office dans un temple.

Le rejet de tous les dieux sauf un !

   Cette fin n’est peut-être pas qu’une légende. Car, pour l’époque, les idées de Zarathoustra sont révolutionnaires et ont de quoi choquer ses contemporains. De l’ancienne croyance, le prophète rejette tous les dieux sauf un : Ahura Mazda, « Seigneur sage » ou « maître attentif ». Les autres divinités qui l’entouraient sont reléguées au rang d’entités subalternes, comme Asha (« le bon ajustement des choses »), Vohu Manah («la bonne pensée ») ou Xshasthra («la maîtrise rituelle »).

   Ce premier dieu unique connu de l’histoire de l’humanité est, dit son prophète, tout puissant. Il sort le monde de son chaos initial et l’organise sous la forme métaphorique d’un camp, un peu comme les nomades dressent leurs tentes. A côté de rta, la hutte du jour, du beau, du bien, se dresse druj, le foyer de la nuit, du mystère, des menaces. Cette violente opposition du jour et de la nuit, du Bien et du Mal, distingue le zoroastrisme des croyances de l’Inde védique où le jour et la nuit se succèdent harmonieusement, sans ne se confondre ni se supplanter.

   Ce n’est pas le seul point de désaccord entre les prêtres de l’ancienne religion et le réformateur. Zarathoustra prohibe également les sacrifices de bovins et de chevaux. Il remplace ces sanglantes hécatombes par des offrandes de pain, de plantes ou de viande.

   Et tandis que la tradition védique ne s’intéresse pas à ce qui se passe après la mort, la survie de l’âme est au cœur des préoccupations zoroastriennes. L’Avesta, son livre sacré, est à la fois un recueil d’incantations et de préceptes moraux, dont la rigoureuse exécution place le fidèle méritant sur la route du paradis. Les textes les plus tardifs mentionnent même une fin des temps, l’apparition d’un sauveur appelé Saoshyant (littéralement « celui qui apporte un avantage ») et la résurrection des corps. Des aspects qui ne sont pas sans rappeler le christianisme, que Zarathoustra semble annoncer.

Le feu est associé à tous les rites du Zoroastrisme

   Les rituels funéraires diffèrent également. Chez les zoroastriens, la terre et le feu, éléments sacrés, ne peuvent être souillés par un cadavre. Les morts ne sont donc ni enterrés ni incinérés, mais disposés au sommet de « tours du silence » (dakhma) où ils sont dévorés par les vautours. Puis les prêtres récupèrent les os et les jettent au fond d’un puits… Pour autant, les zoroastriens n’ont jamais fait du corps, ni de la matière, le siège du mal.

   Plus tard, ils détesteront les pratiques chrétiennes du monachisme, du célibat et du jeûne. Le monde tel que l’a voulu Ahura Mazda doit être entretenu par la procréation, la nourriture des dieux et des hommes, l’accroissement des cultures et des troupeaux. C’est une religion du bien-vivre, du mieux-être, où le feu, qui est dit fils d’Ahura Mazda, est associé à tous les rites : dans la pièce mortuaire, auprès de la tour du silence, dans la chambre où une mère vient d’accoucher et, bien sûr, dans les temples appelés « maison du feu ». Il est le lien direct avec l’ordre cosmique, il éloigne les démons, bénit celui qui le nourrit et l’entretient. Et c’est une faute grave que de le laisser s’éteindre.

Inscription concernant la victoire de Darius Ier

   La victoire de Zarathoustra en Perse se manifeste par une inscription du temps des Achéménides qui commémore la victoire de Darius Ier (522-486 avant J.-C.) sur l’un de ses rivaux : « Ainsi parle Darius le roi : Ahura Mazda m’a accordé cet empire, Ahura Mazda m’a aidé jusqu’à ce que je m’en rende maître. Par la volonté d’Ahura Mazda, je tiens cet empire. » Darius se réclame donc de la religion de Zarathoustra et règne selon les préceptes du prophète. Mais c’est son fils, Xerxès, qui adopte le calendrier zoroastrien, vers 490-480 avant J.-C.

L’influence du Zoroastrisme sur les autres religions

   L’influence de Zarathoustra ne se limite cependant pas à l’Iran. Comme le notent les deux historiens Houchang Hahavandi et Yves Bomati (auteurs de Les Grandes Figures de l’Iran, éd. Perrin, 2015), il a aussi un « impact sur les religions juives puis chrétiennes. Les symboles qu’il a transmis, le refus des sacrifices d’animaux, l’idée d’un paradis et d’un enfer, le prêche d’une morale respectueuse de la nature […] s’y retrouvent tous ». La rencontre du judaïsme et du zoroastrisme date vraisemblablement du VIe siècle avant J.-C., lorsque le prédécesseur de Darius, Cyrus, a libéré les juifs de leur captivité à Babylone et les a autorisés à rentrer en Palestine.

   On retrouve la trace de ces contacts dans la Bible (Livre d’Isaïe) : « Et je dis de Cyrus : il est mon berger et accomplira toute ma volonté. » L’influence qu’une des deux religions a pu exercer sur l’autre reste cependant un mystère à jamais enseveli dans les ruines de Persépolis. La destruction de la ville par Alexandre le Grand en 330 avant J.-C, et surtout de ses bibliothèques, a entraîné la disparition de documents inestimables.

Le Zoroastrisme devient religion d’état

   De la conquête grecque jusqu’aux premiers siècles de notre ère, le zoroastrisme est plus ou moins marginalisé par d’autres croyances. Il revient en force au IIIe siècle avec les Sassanides.

   Cette dynastie, qui se veut purement iranienne, entreprend de restaurer les traditions de l’Empire achéménide. Tous les souvenirs de la période hellénistique sont effacés.

   Le zoroastrisme est promu religion d’Etat. Son livre sacré, l’Avesta, devient la base du droit et de la vie sociale. Cinquante temples du feu sont construits, dont la Kaaba de Zoroastre, une tour en pierre située dans la ville de Chiraz, dans le sud-ouest du pays.

   Le mage Kirdir, principal artisan de ce renouveau, peut proclamer à la fin du IIIe siècle :          « Par moi fut consolidée la religion mazdéenne, et les hommes sages devinrent puissants dans l’empire. Les hérétiques et ceux d’entre les mages qui n’observaient pas les règles fixées reçurent de moi des châtiments. ». Car le monothéisme de Zarathoustra s’est transformé en un dualisme dur qui oppose l’esprit du Bien, Ahura Mazda (rebaptisé Ormuzd) à l’esprit du Mal, Angra Mainyu (rebaptisé Ahriman).

   Kirdir rétablit même les sacrifices sanglants proscrits par le prophète. Juifs et chrétiens sont persécutés, et plus encore ces zoroastriens hérétiques que sont les manichéens, disciples du prêtre Mani qui, se réclamant à la fois de Zarathoustra, Bouddha et Jésus, vise au rétablissement des Lumières contre les Ténèbres. Au Ve siècle, une féroce répression s’abat cette fois sur les mazdakistes, disciples d’un certain Mazdak. Ce dernier courant religieux privilégie les œuvres sociales, prône l’égalité des sexes et l’abolition des classes !

Quelques zoroastriens se rendent en Inde pour rester fidèles à la religion nationale

   Dénué de tout esprit missionnaire, le zoroastrisme n’a guère dépassé les frontières de l’Empire. A la fin de l’époque sassanide, cette religion d’Etat doit affronter la conquête arabe de 642. Non que l’islam s’impose par la force. Juifs et chrétiens sont tolérés, même protégés comme « gens du Livre », et les zoroastriens se sentent si proches des musulmans (par la simplicité du culte et de la doctrine, par la révélation d’un dieu suprême à un prophète qui l’a consignée dans un livre) qu’il s’agit moins pour eux d’une conversion que d’une adaptation.

   Mais ils sont aussi contraints, comme les autres non-musulmans, de payer un impôt pour continuer à pratiquer leur religion. Si un petit nombre reste fidèle à la vieille religion nationale sous le nom de Guèbres (du persan gabr qui signifie « infidèles » par rapport à l’islam), des milliers d’autres, entre le VIIIe et le Xe siècle se réfugient en Inde, près de Bombay, où ils constituent bientôt la caste très prospère des Parsis (mot qui signifie « les Perses »). Ces deux communautés, les Guèbres en Iran, les Parsis en Inde, ont ainsi porté le zoroastrisme jusqu’à nos jours.

La tradition grecque voit en Zarathoustra le législateur des Perses

   C’est comme si ce premier monothéisme de l’histoire, si peu prosélyte, avait irrigué, à proportion de sa singularité, plusieurs inconscients collectifs. La tradition grecque voit en Zarathoustra le législateur des Perses, le prince des mages, le fondateur de l’astrologie. Elle le place aux origines de sa propre sagesse en l’imaginant l’initiateur de Pythagore.

   Dans la tradition chrétienne, L’Evangile de Matthieu raconte le voyage des rois mages qui viennent, guidés par une étoile miraculeuse, pour honorer le Christ que leur science de magicien, d’astrologue ou d’alchimiste leur a permis de deviner. L’un deux, disciple de Zarathoustra, est au rendez-vous de la nouvelle religion.

Chronologie :

Environ 1000 av. J.-C. : Zarathoustra réforme la religion mazdéiste.

VIe-IVe siècle av. J.-C. : sous la dynastie achéménide, les prêtres (magi) se convertissent au zoroastrisme.

IIIe siècle av. J.-C. : les rois sassanides font du zoroastrisme leur religion d’Etat.

637-751 : la conquête islamique entraîne le déclin du zoroastrisme.

Socrate

Le signe d’une mission divine :

   Socrate est né à Athènes, d'un père artisan sculpteur et d'une mère sage-femme. Il ne quitta sa ville natale que pour remplir ses obligations militaires, qui lui donnèrent occasion d'étonner par son endurance et par un courage paisible, civique plutôt que guerrier.

   Sa formation intellectuelle est mal connue ; une intense curiosité semble l'avoir porté vers tout ce dont le refus fera plus tard sa gloire : l'investigation de la nature, à la façon des                      « physiciens » présocratiques, les techniques de la parole, à la façon des sophistes et des rhéteurs.

   Des déceptions, peut-être des crises, précèdent la découverte de sa vocation. Il avait déjà des disciples quand l'oracle de Delphes, consulté par l'un d'eux, le désigna entre tous les hommes comme le plus sage et le plus savant (Sophos).

   Stupéfait par cette réponse, Socrate y voit le signe d'une mission divine ; il ira désormais par les rues et par les places, questionnant chacun, jeune ou vieux, artisan ou notable. Tous croient savoir quelque chose, et ne savent pas qu'ils ne savent rien. Sous le feu des questions de Socrate, ces certitudes naïves se dégonflent comme baudruches. Lui, au moins, sait qu'il ne sait rien : l'oracle avait raison.

Il est ce qu'il n'est pas, il n'est pas ce qu'il est !

   À cette mission d'éveil critique, Socrate apporte toutes les ressources de l'intelligence la plus déliée, celles aussi d'une personnalité pittoresque et fascinante, érotiquement experte à peler les âmes comme des fruits. Sa laideur est consubstantielle à son destin ; elle fit plus que toutes les théories pour introduire dans le monde la distinction de l'être et du paraître. Il ne fait rien comme personne, pas même ce qu'il fait comme tout le monde. Naïf et rusé, sobre et sensuel, raisonneur à outrance et un peu fakir, politiquement malaisé à étiqueter, il est ce qu'il n'est pas, il n'est pas ce qu'il est, insaisissable comme la conscience qu'il était fait pour symboliser. Sujet qui déjoue l'attribut, il « existe ». Pour les Athéniens, conquis ou méfiants, il est une énigme : leur propre énigme devenue vivante devant eux, et bien décidée à les empêcher de dormir.

L’introducteur de divinités nouvelles !

   En 399, après la fin catastrophique de la guerre de Péloponnèse, l'épisode sanglant de la tyrannie des Trente et le rétablissement de la démocratie, Athènes eut-elle besoin d'un bouc émissaire ? Quelques-uns de ceux qui personnifiaient ses malheurs, Alcibiade, Critias, avaient gravité autour de Socrate.

  Trois bons citoyens le dénoncèrent comme impie, introducteur de divinités nouvelles et corrupteur de la jeunesse. Ils demandaient sa mort, et l'obtinrent des juges : Socrate s'était défendu avec une ironie qui passa pour de l'arrogance.

   Pour des raisons de calendrier religieux, la peine ne fut pas exécutée aussitôt ; grâce à quoi ne manquèrent à Socrate ni la prison, ni l'évasion possible et fermement refusée, ni les entretiens ultimes avec le petit noyau des fidèles, jusqu'au jour de la ciguë.

II - La méthode de Socrate

   Socrate, c'est d'abord un geste, une interpellation enjouée, secrètement impérieuse. Les hommes vont à leurs affaires, ils exercent ce qu'ils appellent leurs compétences.

   Socrate lève son bâton, et dit : « Arrête-toi, mon ami, et causons un peu. Non d'une vérité que je détiendrais, non de l'essence cachée du monde ; mais de ce que tu allais faire quand je t'ai rencontré.

   Tu croyais cela juste, ou beau, ou bon, puisque tu allais le faire ; explique-moi donc ce que c'est que justice, beauté, bonté. » Ainsi naît le dialogue, au ras de l'activité quotidienne, et la prenant à contre-pied, puisqu'il l'oblige à rendre ses comptes.

L’art d’accoucher les esprits :

   L'art socratique du dialogue, en qui se résume la manière socratique de philosopher, tient à peu près dans l'image de la « maïeutique », art d'accoucher les esprits, que Socrate disait tenir de sa mère ; encore faut-il ne pas oublier que l'accoucheuse, matrone qui a elle-même passé l'âge d'enfanter, a compétence aussi pour juger si l'enfant est viable ou non, et sait se faire avorteuse au besoin.

   L'enquête socratique, par l'un de ses aspects, est une recherche spéculative, guidée par l'exigence rationnelle de la cohérence et de la légitimation : aspect que retiendra Aristote, estimant que l'on doit deux choses à Socrate, l'idée de la définition universelle, qui couvre la totalité du défini parce qu'elle en atteint l'essence, et la technique du raisonnement inductif, qui dégage cette essence universelle par la confrontation des exemples particuliers.

   Mais la réfutation socratique des formules suggérées par l'interlocuteur brise en même temps l'illusion par laquelle, croyant tenir le concept, il se croit en droit de l'utiliser pour juger, et donc pour vivre ; aussi, quand il se trouve paralysé par le contact du « poisson torpille » qu'est Socrate, est-il atteint au plus vif ; c'est de mal vivre, en définitive, qu'il est convaincu.

   Précisément parce qu'elle atteint à cette profondeur, la morsure socratique est féconde, contrairement à la réfutation sophistique, qui peut lui ressembler extérieurement. La joute sophistique est toute verbale ; le vaincu ne croira pas en danger les convictions auxquelles il s'identifie, il ne songera qu'à maîtriser à son tour les instruments de sa revanche.

   L'homme livré à Socrate, réveillé, par la piqûre du « taon », du sommeil dont ses opinions sont les rêves, est devenu une inquiétude, une recherche, une conscience.

III-Les certitudes de Socrate

Connais-toi toi-même : connais ce qui véritablement est toi.

   Socrate répète qu'il ne sait rien, qu'il n'a rien à enseigner, qu'il n'a pas de disciples. Il n'a pourtant rien d'un sceptique. Faut-il voir dans son ignorance affichée la façade ironique d'un savoir caché, comme en ces statues de Silènes auxquelles le compare Alcibiade dans le Banquet platonicien, et qui s'entrouvraient pour laisser voir la figure d'un dieu ?

   On a autant de peine à croire son « inscience » réelle qu'à la tenir pour feinte. Sans doute peut-on dire qu'il n'est certain d'aucune proposition qui tombe dans le champ du dialogue, puisqu'il est de l'essence du dialogue de ne rien laisser hors de question ; mais qu'il est certain de toute proposition qu'il perçoit comme nécessaire à l'ouverture de ce champ, et au maintien de cette ouverture.

   Ainsi, ce qui constitue l'homme, ce dont il est moralement comptable, c'est ce par quoi il est apte à entrer dans la relation « dialogique » : son âme parlante et pensante, et non son corps, ou ce pseudo-moi qui n'est que l'opinion que les autres ont de lui. Connais-toi toi-même : connais ce qui véritablement est toi.

   Le bien auquel l'âme aspire est un bien qui relève d'elle ; rien n'est vraiment bon que ce dont il n'est pas possible de faire mauvais usage, et c'est la science du bien qui sait faire bon usage de toutes choses, et sans laquelle de toutes choses on risque de faire mauvais usage.

   Ainsi s'expliquent les inépuisables formules, que la vertu est un savoir, et que nul n'est mauvais volontairement.

Le dialogue des hommes fait signe et référence à quelque chose qui dépasse l'homme.

   Une autre source de certitude est que le dialogue, sous peine de perdre tout sens, désigne l'horizon d'une vérité qu'il ne dépend pas de nous de créer ou de modifier, et qui s'atteste jusque dans la nécessité où nous sommes de nous aider mutuellement pour nous ouvrir à elle.

   Si le dialogue est l'essentiel du métier d'homme, c'est que nous ne sommes pas condamnés à ne cesser la guerre des opinions que par la violence des tyrans, l'habileté des rhéteurs ou l'arbitraire des conventions. Le dialogue des hommes fait signe et référence à quelque chose qui dépasse l'homme.

La voix intérieure de son fameux « démon »

   De la religion de Socrate, on peut dire qu'elle est ce qu'il lui faut et ce qui lui suffit pour percevoir sa vocation dialectique comme un commandement divin : la voix intérieure de son fameux « démon » n'est-elle pas ce qui l'arrête quand, par geste ou par parole, il est sur le point de manquer à sa mission ? Il ne méprise pas la religion traditionnelle, il en effectue les gestes, il respecte ce qu'il y voit de respectable ; mais il la pense et la juge en fonction de cette mission.

Vie et mort de Socrate (469 env.-399 av. J.-C.)

Jésus

Comment se fait-il que Paul n écrit-il pratiquement rien de la vie de Jésus ?

   Quand Paul écrit la première lettre aux Thessaloniciens, nous sommes à vingt ans de la mort de Jésus, le 7 avril 30. Or, le lecteur a de quoi être décontenancé : de Jésus, l’apôtre parle peu, sinon pour dire qu’il est mort et ressuscité.

   On a déduit que l’apôtre ignorait tout de sa vie, les évangiles n’ayant pas été encore écrits ; mais à tort. D’abord, c’est oublier que la mémoire de Jésus s’est transmise avant les évangiles sous forme orale.

   Ensuite, ne disons pas trop vite que Paul ignore tout de la vie de Jésus. On apprend, à le lire, que Jésus était descendant de David (Rm 1, 3), né d’une femme (Ga 4,4), né sous la Loi (Ga 4,4), Israélite (Rm 9, 3-4), fils d’Abraham (Ga 3, 16), serviteur des circoncis (Rm 15, 8). Il avait des frères (1 Co 9, 5), dont Jacques (Ga 1, 19). Il avait douze disciples (1 Co 15, 5), dont Pierre et Jean (Ga 2, 9). Il a enduré des insultes (Rm 15, 3), il a été trahi et prit un dernier repas avec ses disciples (1 Co 11, 23-25). Son obéissance à Dieu est connue (Ph 2, 8 ; Rm 5, 19), son dépouillement radical (Ph 2, 6-11), sa pauvreté (2 Co 8, 9), sa faiblesse (2 Co 13, 4), son amour (Ph 1, 8).

   Le Jésus de Paul ne flotte pas dans une nébuleuse spirituelle ; il est ancré dans l’histoire. D’ailleurs, l’apôtre en sait plus qu’il ne dit. Quand il introduit le dernier repas de Jésus avec ses disciples (« Dans la nuit où il fut livré, le Seigneur Jésus… » 1 Co 11, 23), Paul suppose une connaissance de la Passion, des circonstances de l’arrestation et du rôle de Judas.

   Quand il parle de « Jésus Christ qui, pour vous, de riche qu’il était, s’est fait pauvre » (2 Co 8, 9), cela ne dirait rien si les lecteurs n’avaient pas une idée du style de vie du Nazaréen. En outre, l’exhortation à être des imitateurs de Christ (1 Co 11,1 ; 1 Th 1, 6) resterait creuse si elle n’éveillait pas l’image d’une vie.

   Bref, il est absurde d’imaginer que Paul n’aurait témoigné que du « Seigneur Jésus mort et ressuscité », sans jamais raconter ce que fut cet homme.

   Mais pourquoi le Jésus des rencontres et des guérisons, le Jésus des paraboles et des débats sur l’interprétation de la Loi, est-il absent de la correspondance paulinienne ?

   Il y a à cela deux raisons simples. La première est que Paul a raconté Jésus dans sa prédication missionnaire, lors de la fondation des communautés ; il ne le répète pas dans ses lettres qui sont écrites durant la dernière période de sa vie, lorsque qu’il est appelé à arbitrer des désaccords théologiques.

   Seconde raison : la concentration sur la mort et la résurrection de Jésus est le résultat d’un choix. En conformité avec la théologie des chrétiens hellénistes de Damas et d’Antioche, qui l’ont catéchisé après sa conversion, l’apôtre estime que la mort de Jésus, comprise dans une perspective pascale, est significative par excellence de sa destinée et de l’œuvre divine en lui. La croix est le lieu de la révélation ultime de Dieu en Jésus.

   En même temps, elle est ce qui confère à la foi chrétienne, tant face au monde juif que face à la culture gréco-romaine, sa singularité et sa brisance : « Nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les juifs et sottise pour les païens. » (1 Co 1, 23). Avec la ténacité qu’on lui connaît, Paul s’accroche à ce noyau et le rappelle inlassablement.

Quelles sont les preuves de l’existence de Jésus ?

   Les sources les plus fécondes sont au nombre de huit : outre le Témoignage Flavien, sept sources chrétiennes indépendantes (Paul, Marc, la Source des paroles, la tradition M, la tradition L, Jean, Thomas). La question n’est plus de savoir si Jésus a existé, mais quel Jésus a existé.

   Le passage en revue des sources nous impose néanmoins un deuil : la biographie de Jésus. La mémoire orale ayant rarement retenu les circonstances d’une parole ou d’un geste, les évangélistes ont dû reconstituer un cadre narratif à leur vie de Jésus. À part certains matériaux nettement rattachés à la Galilée ou à Jérusalem, le cadre biographique nous est donc inaccessible.

   Nous pouvons faire confiance à Marc : l’essentiel de l’activité de Jésus est localisable en Galilée, avant la montée à Jérusalem où se termina sa vie. Quant au reste, personne n’est en mesure de localiser historiquement ou géographiquement la plupart des actes de Jésus.

   Ils ont néanmoins pris place dans un laps de temps très restreint, puisque la durée de l’activité publique de Jésus, selon la chronologie johannique, n’a pas dépassé trois années.

Mahomet

   Le prophète Mahomet (Mohammed ou Muhammad) est une figure historique essentielle de l'islam. Né vers 570 à La Mecque, en Arabie saoudite, le fondateur de l'islam est décédé en 632 à Médine.

   La mosquée Al-Nabawi de Médine abrite le mausolée du dernier des prophètes. Selon la "Sira", la biographie de Mahomet, on divise la vie du prophète en deux parties : les années mecquoises (612-622), et l'hégire (622-632) qui marque le début de l'ère islamique.

   Orphelin dès l'âge de 6 ans, Mahomet est élevé par son grand-père. Adulte, il entre au service d'une riche veuve. Malgré leur différence d'âge, Mahomet et Khadidja se marièrent et vécurent vingt-six années de vie commune.

   Ensemble, ils eurent quatre filles. Par ce mariage, Mahomet devient un riche commerçant et gère des convois de caravanes jusqu'en Syrie.

   En 610, à l'âge de 40 ans, Mahomet reçoit la visite de l'ange Gabriel, Jebrail, qui lui demande de réciter la parole de Dieu, Allah. Si dans un premier temps, Mahomet hésite à partager la parole divine, soutenu par ses proches, il devient un personnage public.

   Mahomet prêche le monothéisme, critique les pratiques religieuses traditionnelles polythéistes, et appelle à abandonner les idoles.

   En 622, critiqués par les commerçants de La Mecque, Mahomet et ses disciples s'installent à Médine. L'hégire, qui signifie la rupture, marque le début du calendrier musulman. Mahomet est alors à l'origine d'un nouveau système politique. Il crée une communauté de croyants qui s'oppose au système clanique fondé sur les liens du sang.

   Chef religieux, chef politique et chef de guerre, Mahomet étend son influence sur toute la péninsule arabique. Les révélations, faites au dernier des prophètes, forment le livre sacré des musulmans, le Coran.

1 janvier 624 : Mahomet vainc les caravanes qorayshites à Badr

   Depuis sa révélation, Mahomet tente d’organiser et de diffuser sa loi monothéiste au sein de la communauté médinoise. Son but était alors de conquérir la Mecque. Pour cela, il eut recours au soutien de la population de Médine. Sous forme de petites expéditions, Mahomet commença à attaquer les caravanes mecquoises. Il obtient alors sa première grande victoire à Badr. Malheureusement, les réjouissances seront de courtes durées. Il devra attendre 628 et le traité de Hudaibiya pour y être officiellement reconnu. En compagnie de sa communauté, il y accomplira un pèlerinage. Grâce aux alliances qu’il y noue, sa popularité grandira et lui permettra de conquérir pacifiquement les lieux en 630.

1 janvier 630 : Mahomet conquiert La Mecque

   Le prophète s’empare de la ville tant convoitée. S’y étant allié à plusieurs personnages influents durant un pèlerinage (notamment par ses douze mariages), il obtient, sans recours à la violence, la reddition. Dès lors, le temple de la Kaaba deviendra le centre de l’islam et s’ouvrira à tout l’ensemble des Musulmans. Rapidement, la population qui s’opposait à lui depuis longtemps se convertira et l’islam se répandra peu à peu en Arabie. L’islam reposera alors sur la loi du Coran et sur la tradition de la « Sunna ».

8 juin 632 : La mort du prophète Mahomet

   Mahomet, le messager d'Allah, le prophète de l'islam, meurt à Médine (Arabie Saoudite). Après 20 ans de révélations coraniques et d'actions politico-religieuses, et malgré des divisions internes, la communauté musulmane est en voie de constitution, avec ses croyances, son culte, ses règles de vie, ses hiérarchies de pouvoir (califat, imamat). Les Arabes sont le dernier peuple du monde méditerranéen ancien à embrasser le monothéisme.

Conclusion

   Nous voici arrivés au terme de ce travail sur les notions et concepts du salut dans les religions et systèmes de croyance. En réalisant cette étude, j’ai découvert des éléments que j’ignorais sur beaucoup de religions et systèmes de croyance. Combien ne fut pas ma surprise en découvrant Socrate en train de parler du « démon qui lui disait ce qui est bien ou non ». De même, en étudiant le Zoroastrisme comment ne pas faire le rapprochement avec le Christianisme qui arrivera près de dix siècles plus tard.

   Peut-on continuer à ignorer le changement qui s’est passé chez le peuple juif dans l’interprétation du salut après leur temps de captivité chez le roi Cyrus, puis sous Darius, cinq siècles avant notre ère. Est-il possible d’ignorer les différents éléments de religions antérieures que l’on retrouve dans l’Islam. En réalisant cette recherche, je suis arrivé à mon objectif qui était d’appréhender, ne serait-ce qu’en partie l’histoire des religions. Et plus particulièrement celle du salut, plusieurs raisons ont déterminé ce choix. La première étant d’ordre intellectuelle, ce travail m’a permis de découvrir quand et comment l’être humain a ressenti le besoin de salut. Cela me semblait important pour le croyant chrétien que je suis. La seconde raison était à la fois théologique, scientifique, sociologique, et psychologique, cet essai d’analyse sur diverses religions m’a fait découvrir pourquoi, cette notion de salut est différente selon les ethnies et les époques.

   Je tiens à préciser que je n’aurais jamais pu réaliser cette thèse de doctorat en divinité, si d’autres spécialistes ne l’avaient fait avant moi. Je tiens donc à remercier même à titre posthume pour certains. Mircea Eliade, Frédéric Lenoir, Ysé T Masquelier, Yves Lambert, Karl Jaspers et tant d’autres. Mais aussi BIBLEDOC avec qui j’ai cheminé pendant de nombreuses années.

Bibliographie

Karl JASPERS : Introduction à la philosophie. Édition Plon 1981

Frédéric LENOIR : Socrate, Jésus, Bouddha ; Trois maîtres de vie. Librairie Arthème Fayard 2009

Mircea ELIADE : histoire des croyances et des idées religieuses. Editions Payot et rivages 2016

Frédéric LENOIR, Ysé T MASQUELIER : Encyclopédie des religions. Editions Bayard 1997

Yves LAMBERT :  La naissance des religions. Librairie Arthème Fayard/ Pluriel 2014

Mircea ELIADE : Traité d’histoire des religions. Editions Payot 1986

Charles LEROUX :  Le Bouddhisme un regard chrétien. Croire Pocket 2009

Frédéric BAUDIN & Jacques GUGGENHEM : Le Judaïsme un regard chrétien. Croire Pocket 2014

Jamil CHABOUH & Karim AREZKI : L’Islam un regard chrétien. Croire Pocket 2014

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(Docteur en philosophie des religions & Docteur en théologie Biblique)

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